Pas de surprise

Une liste sans aucune surprise donc malgré que José Pillard ait annoncé qu'il "repart avec une nouvelle équipe." Celle-ci est pour plus de la moitié constituée de sa majorité au sein du conseil municipal.

La profession de foi du maire sortant est également sans surprise : elle reprend dans le détail l'ensemble des arguments qu'il a toujours tenus aussi bien pendant la crise municipale que depuis l'élection partielle de septembre 2007.

José Pillard y présente son bilan, une liste des "réalisations depuis 2001" en précisant que "les travaux et projets ont été interrompus, du fait des fortes 'turbulences' qui ont entraîné la mise sous tutelle de la commune." Au passage le maire sortant rappelle aux électeurs qu'il a du caractère en indiquant qu'il a fait face à cette crise "avec ténacité."

Le candidat fait également la liste des "nombreuses délibérations votées à l'unanimité" depuis l'installation en 2007 du conseil municipal renouvelé.

Enfin, José Pillard annonce les "projets" qu'il compte mettre en œuvre et il fait le point sur un sujet qui a longtemps fait polémique pendant la période de conflit ouvert avec l'opposition municipale et qui a été d'ailleurs relancé par son adversaire principal, Dominique Duchêne, à la dernière séance du conseil municipal : la justification de l'excédent budgétaire.

Plan de rigueur sur fond d'excédent budgétaire

Ce point est en fait au cœur du débat car il est à la fois témoin et moteur de l'activité de la commune.

Témoin en ce sens qu'il est le reflet du dynamisme ou de l'immobilisme d'une municipalité.

Moteur en ce sens que la municipalité a une marge de manœuvre plus ou moins confortable en fonction de l'état des caisses de la commune pour envisager un développement notable.

Il y a un an, l'excédent était d'environ 200 000 euros. Une somme importante au regard de la taille de la commune. L'explication qui semble la plus évidente est qu'il s'agit de la conséquence de la crise qui a paralysé la commune pendantr deux bonnes années : pas de travaux, pas de projets, pas de dépenses. C'est ce que ne manque jamais d'expliquer José Pillard.

A l'inverse, l'opposition municipale d'avant 2007, qui était numériquement majoritaire, a toujours reproché au premier magistrat d'avoir une gestion trop frileuse, motivée par la peur d'endetter la commune qui sortait, selon l'expression du maire, d'une "zone rouge", la mettant ainsi dans le collimateur de la cour des comptes.

Depuis six mois, il n'y a plus de blocage de l'opposition, le conseil a été presque entièrement renouvellé mais l'éxcédent a augmenté, passant à 250 000 euros pour atteindre maintenant 300 000 euros.

Ces chiffres confirment que le maire a une vision très prudente de la gestion de la commune.

Cela jouera-t-il en sa faveur, dimanche ? José Pillard semble le penser en misant tout sur cette prudence. Tout le montre dans sa campagne électorale.

Sans rupture

Pas de slogan marqué d'un enthousiasme débordant, par exemple. Le maire se contente, d'un sage "nous sollicitons vos suffrages pour le renouvellement de conseil municipal." Un message anti-rupture, la continuité est de mise.

Cela n'empêche pas le candidat d'annoncer qu'il souhaite "donner un nouvel élan." il est vrai qu'il évoque là les associations qui, selon lui, sont "le poumon économique de la commune et du canton."

Formule audacieuse qui remplira sans nul doute de joie les commerçants et les chefs d'entreprises de Doulevant le Château. Formule qui risque aussi de faire hurler de joie les responsables du club de football alors que la municipalité (comme la codécom) ne semble savoir comment faire face au risque, chaque jour plus grand, de fermeture du FCCD.

Mais José Pilard, n'entend pas laisser la place aux sirènes du développement à tous prix.

Il justifie la gestion de la commune par un argument qui pourrait paraître imparrable alors que la baisse du pouvoir d'achat est au centre des préoccupations de l'électorat : les impôts locaux. Le candidat l'indique en gras sur sa profession de foi :"les taux d'imposition n'ont pratiquement pas varié depuis 2001", un résultat "qui prouve toute l'attention portée à l'intérêt financier de la commune" selon le premier magistrat.

Se préserver pour l'assainissement

Le maire sortant présente donc son programme. Un vrai plan de rigueur, même si l'expression n'est pas employée.

La plupart des projets annoncés sont soit en cours ou, le plus souvent, pas ou peu pris en charge par la commune. C'est le cas de l'enfouissement des lignes électriques au quartier Bel-Air, un dossier en retard, financé essentiellement par le syndicat d'électrification.

De même le projet garderie-cantine (qui n'avance plus depuis que les élus l'ont pris en charge) : une initiative privée.

Dans son programme, le maire se débarrasse du volet scolaire du projet, indiquant que "l'école maternelle devrait être réalisée et gérée par le syndicat des écoles" et il fait de même pour la rénovation du vestiaire de football, estimant que ces travaux "doivent être concus comme projet cantonal."

Pourquoi ces mesures rigoristes alors que la commune a 300 000 euros dans ses caisses ?

Parce qu'il y a "de grands travaux à venir" que José Pillard prévoit "très coûteux". Il s'agit essentiellement de la station d'épuration et de l'assainissement à réaliser à Doulevant comme à Villiers.

Ce sont effectivement des réalisations imposées par la législation mais aucun chiffre précis précis quant à leur coût n'a jusqu'à présent été communiqué par la municipalité. Mais, selon le candidat, "les capacités de financement de la commune seront déjà bien limitées" après leur réalisation.

Autre donnée qui manque pour se faire une idée de l'endettement à venir : le calendrier de ces travaux, leur durée et l'étalement des dépenses.

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