Selon le représentant syndical, les prochaines réunions du comité d'entrepsie, fixées au 17 et 30 janvier, évoquées par Unilever dans son communiqué de presse, ne font pas le compte. "Ce n'est pas suffisant car ces réunions vont servir à fixer le calendrier d'autres réunions où l'on abordera les choses concrètes. Nous, nous voulons que tout le monde se réunisse sans attendre pour parler concrètement. Or, ce soir, l'usine est vide. Aucun responsable n'était présent et c'est nous, les salariés en grève, qui devont organiser une une sorte de veille car il y a des produits dangereux dans l'usine" expliquait le délégué Force Ouvrière.

Devant l'usine Miko, peu après l'intervention policière

"Des femmes en pleurs"

Sur les évènements de la matinée, Bruno Thys, apporte son témoignage : "Je n'étais pas à l'intérieur pendant l'intervention de police. Mais j'ai vu sortir tout le monde. Les policiers, le directeur et des salariées, 10 à 14 femmes qui pleuraient et un homme qui se tenait la tête, il était touché à la figure. Plusieurs personnes ont été prises en charge par les pompiers."

A l'issue de cette journée, il est difficile de croire que l'action des grévises bragards se soit terminée dans le calme. Encore une fois, les pompiers sont cités comme ayant été sur place, et pas pour faire de la figuration. Il semble bien avéré, en recoupant différentes informations, que les pompiers ont bien fait état de 14 blessés. Il s'agirait en fait surtout de personnes choquées. Mais on n'est pas choqué sans raison et on peut se poser des questions à l'évocation de femmes pleurant à l'issue de l'opération de police. Mais nous dit-on officiellement "les matraques n'étaient pas des matraques".

A l'heure du "travailler plus..."

Il y a donc des versions de sources syndicales, qui se recoupent et contredisent la version officielle. La question qui se pose est : pourquoi ? Pourquoi a-t-on besoin d'adoucir le tableau d'une intervention policière dont on se doute bien qu'elle n'a rien d'un jeu de boy scouts ? Peut-être parce que, même si c'était légalement justifié, il n'est pas facile de faire passer la pilule dans l'opinion publique. Car ces femmes qui ont été "bousculées", ce ne sont pas des voyous et elles ne font que défendre leur avenir. Il n'a jamais été aisé d'accepter de perdre son emploi mais ça l'est peut-être encore moins aujourd'hui à l'heure du "travailler plus pour gagner plus".

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