Miko : Manifestation à Saint-Dizier
Par Michel Tanner, mardi 15 janvier 2008 à 21:02 - Saint-Dizier - #1324 - rss
Après l'intervention policière de ce matin, les salariés de l'usine Miko de Saint-Dizier (Haute-Marne) ont défilé dans les rues de la ville derrière l'intersyndicale (CGT, FO, CFDT). Une délégation a été reçue par le sous-préfet.
Usine vide
"Nous avons demandé au sous-préfet d'intervenir auprès de la direction de l'usine pour que soit organisée dans l'urgence une réunion qui abordera le concret : les indemnités, les conditions de départ et l'accompagnement des licenciés pour leur reclassement. C'est une exigeance de l'intersyndicale" confiait en fin de journée Bruno Thys, délégué FO à l'usine Miko.
Selon le représentant syndical, les prochaines réunions du comité d'entrepsie, fixées au 17 et 30 janvier, évoquées par Unilever dans son communiqué de presse, ne font pas le compte. "Ce n'est pas suffisant car ces réunions vont servir à fixer le calendrier d'autres réunions où l'on abordera les choses concrètes. Nous, nous voulons que tout le monde se réunisse sans attendre pour parler concrètement. Or, ce soir, l'usine est vide. Aucun responsable n'était présent et c'est nous, les salariés en grève, qui devont organiser une une sorte de veille car il y a des produits dangereux dans l'usine" expliquait le délégué Force Ouvrière.
"Des femmes en pleurs"
Sur les évènements de la matinée, Bruno Thys, apporte son témoignage : "Je n'étais pas à l'intérieur pendant l'intervention de police. Mais j'ai vu sortir tout le monde. Les policiers, le directeur et des salariées, 10 à 14 femmes qui pleuraient et un homme qui se tenait la tête, il était touché à la figure. Plusieurs personnes ont été prises en charge par les pompiers."
A l'issue de cette journée, il est difficile de croire que l'action des grévises bragards se soit terminée dans le calme. Encore une fois, les pompiers sont cités comme ayant été sur place, et pas pour faire de la figuration. Il semble bien avéré, en recoupant différentes informations, que les pompiers ont bien fait état de 14 blessés. Il s'agirait en fait surtout de personnes choquées. Mais on n'est pas choqué sans raison et on peut se poser des questions à l'évocation de femmes pleurant à l'issue de l'opération de police. Mais nous dit-on officiellement "les matraques n'étaient pas des matraques".
A l'heure du "travailler plus..."
Il y a donc des versions de sources syndicales, qui se recoupent et contredisent la version officielle. La question qui se pose est : pourquoi ? Pourquoi a-t-on besoin d'adoucir le tableau d'une intervention policière dont on se doute bien qu'elle n'a rien d'un jeu de boy scouts ? Peut-être parce que, même si c'était légalement justifié, il n'est pas facile de faire passer la pilule dans l'opinion publique. Car ces femmes qui ont été "bousculées", ce ne sont pas des voyous et elles ne font que défendre leur avenir. Il n'a jamais été aisé d'accepter de perdre son emploi mais ça l'est peut-être encore moins aujourd'hui à l'heure du "travailler plus pour gagner plus".


















Commentaires
1. Le jeudi 21 février 2008 à 19:50, par aloum67
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