Pas d'erreur humaine

Selon le ministre, il ne s'agissait pas d'une défaillance des moteurs ou des commandes de vol. Quant à l'hypothèse d'un malaise, elle a été écartée, le pilote ayant été jusqu'au bout aux commandes de son appareil. Restait donc celle d'une désorientation spatiale. Pour Hervé Morin, la désorientation spatiale "n'est pas une erreur humaine mais un danger et un risque inhérent au métier de pilote".

Le ministre, précisant que les enquêtes en cours se poursuivent, a toutefois indiqué qu'il demeure "une part d'incertitude" même si tout semble accréditer l'hypothèse retenue.

Qu'est-ce donc que la désorientation spatiale (DS) ?

Rafale au meeting aérien de Bex le 1er septembre 2007


Vidéo : Démonstration du rafale au meeting aérien de Bex

C'est "l’incapacité de percevoir correctement et sans ambiguïté la position, l’attitude ou le mouvement par rapport à la surface terrestre et à la verticale gravitationnelle'" selon une fiche d'information de la RDDC, l'agence Recherche et Développement pour la Défense Canada (ministère de la défense nationale du Canada).

"D’un point de vue opérationnel, la DS est une fausse sensation de grandeur ou de direction des paramètres fondés sur les instruments de vol" indique-t-on dans ce document.

Ce phénomène est la conséquence de lacunes de certains sens de l'être humain, qui ne sont pas adaptés à l'évolution en milieu aérien.

Plus concrètement, un pilote victime de désorientation spatiale "perd la notion de haut et de bas, d'avant et d'arrière, surtout lorsqu'il vole de nuit dans la pluie et à 900 km/h" expliquait Jean-Dominique Merchet dans cet article, paru en décembre dernier sur le blog Secret Défense (liberation.fr), qui évoquait déjà la DS comme cause du crash du rafale bragard. "En principe, le pilote navigue aux instruments, mais dans le cas présent, il a suffi de quelques secondes d'inattention, quinze au maximum, pour que l'avion vienne percuter la planète" précisait le journaliste.

La fiche d'information canadienne précise que "d'autres facteurs peuvent également précipiter le phénomène de la DS." Il s'agit de facteurs tels que "les effets de transition G, la saturation des tâches, la distraction, la diminution de l'attention, l’utilisation de dispositifs de vision nocturne et d’autres systèmes d'imagerie."

"Une analyse des accidents aériens survenus dans les Forces canadiennes (FC) a révélé que la désorientation spatiale pouvait être une cause possible dans près du quart de tous les accidents mortels" indique l'agence canadienne.

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