Une œuvre gérée par l'ONAC

Depuis 1991, c’est l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de guerre (ONAC) qui assure la gestion de l'œuvre. A ce titre, l'ONAC agit au profit de ses ressortissants (anciens combattants, veuves de guerres, orphelins et pupilles de la nation, victimes d’attentas) en matière de solidarité, mais aussi pour l’ensemble de la communauté nationale et plus particulièrement la jeune génération, en matière de mémoire.

Une commission paritaire, le Collège du Bleuet de France, décide des orientations générales et de la promotion de l'œuvre.

L'organisation de la collectes au niveau local est confiée à des services départementaux de l'ONAC.

Les collecteurs bénévoles qui récoltent les dons sur la voie publique puis les reversent au Bleuet de France sont des particuliers, des membres d’associations d’anciens combattants ou des membres d’associations agréées Jeunesse et Sports.

La gestion de la collecte et la répartition des fonds collectés s’effectue sous le haut-contrôle de la Cour des Comptes.

A priori, nous sommes loin d'une organisation spécifiquement municipale mais, d'un autre point de vue, rien ne semble empêcher un élu de collecter les fonds pour le Bleuet de France, d'autant plus s'il est lui-même ancien combattant.

La nature du collecteur décide de la répartition des fonds

Oui mais... Louis Goze, questionné à ce sujet, attire l'attention sur la question des fonds : "Si ce n'est pas un collecteur désigné par l'ONAC qui vend les bleuets, la section locale perd sa part !"

José Pillard, pour sa part, indique dans son courrier que, cette année, "la vente des bleuets a rapporté la somme de 62 €." Mais il ne précise rien quant à la ventilation de cette collecte.

Retour à l'investigation. Le site du ministère de la Défense indique en effet que "les associations d’anciens combattants collectrices peuvent conserver 40% du montant total des fonds qu’elles auront collecté." Les associations de jeunesse, quand elles participent à la collecte, peuvent, quant à elles, conserver 10% des fonds récoltés. Le ministère précise que "tous les autres collecteurs reversent les 100% des fonds au Bleuet de France."

Louis Goze : j'ai une carte de collecteur du Bleuet de France

Sur ce point, Louis Goze affirme qu'il est le collecteur désigné par la section cantonale des anciens combattants et, qu'à ce titre, il possède une carte de collecteur.

Le maire de Doulevant affirme lui que c'est la mairie qui attribue les cartes de collecteurs : "la commune de Doulevant le Château dispose de quatre cartes qu'elle peut attribuer à qui elle veut" explique José Pillard sans pour autant préciser s'il a attribué cette carte à l'élu chargé de la collecte.

Cette année, la collecte ainsi organisée par le maire de la commune, échappera-t-elle à la section cantonale des anciens combattants ? Louis Goze a contacté les organismes de tutelle au niveau départemental et national. Peut-être la réponse viendra-t-elle de l'ONAC ou du secrétariat d'état aux anciens combattants.

Affaire à suivre, donc. Affaire qui pourrait prêter à sourire, surtout au vu de la somme en jeu (24 euros qui pouvaient revenir aux anciens combattants locaux) mais, à la réflexion, si cela devait se péréniser ainsi, le manque à gagner serait plus conséquent... Et puis (et surtout !), la vente des bleuets est revêtue d'une symbolique forte, présente dans tous les esprits, et on peut comprendre que les collecteurs soient très attachés à leur rôle.

Justement, au-delà, des question juridiques, demeure une aspect plus humain. C'est peut-être la "manière" qui a froissé monsieur Goze :

"Normalement, la mairie m'envoie les bleuets et les documents concernant la collecte avec une invitation à l'intention des anciens combattants. Je me charge alors d'envoyer cette invitation aux membres de notre section" explique Louis Goze. "Cette année, je n'ai reçu qu'une simple invitation qui m'était personnellement adressée. Etonné, j'ai pris contact avec Pierre Blondel, le président de notre section. Celui-ci a essayé de joindre le maire au téléphone, sans succès. Et c'est à la cérémonie, dimanche matin, que j'ai vu que c'était un élu qui vendait les bleuets."

Pierre Blondel n'a pas souhaité confirmer.

Pas de leçon à recevoir

De son côté, le maire n'apprécie pas du tout qu'on le mette en cause : "Je n'ai pas de leçon à recevoir de vous concernant les organisations aux manifestations communales ainsi que la gestion de cette commune", déclare-t-il dans sa lettre à Louis Goze.

"De nos jours, Le Bleuet de France est un symbole de mémoire et de solidarité" indique le ministère de la défense sur son site web. Et bien, pour cette année à Doulevant, c'est un peu raté...

Sources :

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