Florent-Louis-Marie n'ayant pas d'héritier direct, fit donation, par un acte passé à Paris le 3 juillet 1789, à la contesse de Siminae, de la terre de Cirey avec toutes les seigneuries qui en dépendaient, s'en réservant seulement l'usufruit jusqu'à sa mort.

Je parlerai plus loin de Mme de Simiane, dont la charité avait rendu le nom si vénéré dans la région, que la mémoire s'en est gardée, au point d'en avoir recueilli encore quelques échos dans ma jeunesse.

En 1787, le roi convoque les assemblées provinciales en vue de remédier aux embarras du trésor, et d'examiner les questions d'impôts et d'économie.

Le duc du Châtelet (en 1770 il avait été fait "duc à brevet" c'est à dire à titre personnel et non héréditaire), est désigné par le roi pour présider l'assemblée provinciale de l'Ile-de-France, nomination signée de Louis XVI, contresignée par le baron de Breteuil, ministre de la maison du roi. Le roi donne au duc du Châtelet la qualification de "cousin" qui n'avait pas un sens familial, mais honorifique. Elle montre bien, en tout état de cause, la hauteur de l'estime qui était portée à la maison du Châtelet.

L'installation de l'assemblée, composée de membres pris dans tous les ordres, eut lieu à Melun le 11 juillet. Le duc du Châtelet prononça le discours d'ouverture.

En 1789 a lieu la convocation des Etats Généraux. L'effervescence se répand jusqu'en province. Elle touche même les "gardes françaises" dont le duc du Châtelet était colonel.

Dans la crainte de voir adopter des principes contraires à l'esprit de discipline, on leur avait interdit l'entrée des assemblées du district où s'exprimaient des agitateurs. Ils avaient donc été consignés dans leur caserne.

Quelques-uns avaient enfreint les ordres, et pour cela avaient été conduits à la prison militaire de l'Abbaye, mais le peuple, ameuté en leur faveur, les en avait arrachés.

Le 12 juillet, avant-veille, de la prise de la bastille, le duc du Châtelet est reconnu et poursuivi par le peuple. Il se réfugie dans le dépôt de ses soldats, boulevard de la Chaussée d'Antin. Barbet, l'un d'eux, prit hardiment sa défense et le couvrit de son corps. Il réussit à entraîner les camarades qui sauvèrent leur colonel et le mirent à l'abri dans l'hôtel de Richelieu, qui était leur quatier général. Ce Barbet, capitaine aux gardes françaises, fut plus tard directeur des postes à Bar-sur-Aube, et mourut du choléra en 1832. Madame de Simiane, en souvenir du service rendu à son oncle, fit plusieurs fois venir son fils à Cirey.

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