Il poussait d'ailleurs si loin l'amour de ses élèves canins, qu'il refusait, au contraire, d'enmener aux bois une grosse chienne griffonne, excellente au sanglier, mais cardiaque, selon lui. Il prétendait que le départ de ses congénères risquait de lui donner une dangereuse émotion; c'est pourquoi il les faisait sortir un par un, par derrière, pour lui épargner l'impression d'un départ pour la chasse, en même temps qu'il nous enjoignait de ne pas approcher d'elle avec un fusil !

Les temps changèrent : aux chasses sur invitation des temps héroîques, succéda une société, dont j'étais le directeur "technique", formée d'abord de six membres : Pierre Niederberger, qui fut président du conseil général de la Haute-Marne, Hubert Simon, Roland Benoît, Pierre Laforgue, Gérald maurice. Une si petite équipe dans une si grande forêt ne pouvait obtenir de résultat bien brillant, mais elle était soudée par une amitié sans faille, et cette époque reste marquée par nos plus beaux souvenirs.

Pour contenir le gibier, nous dûmes nous agrandir, à huit, puis dix, puis douze membres, limite jamais dépassée.

Puis vint le temps des réserves grillagées : c'est alors, en 1968, que fut réalisé l'enclos de 424 hectares, centré sur l'étang dit de "la Commanderie" (il s'agit d'une commanderie de l'ordre de Malte, dite "d'Etury").

Deux grosses compagnies de sangliers sauvages s'y trouvèrent enfermées, qui furent la souche d'où partit le peuplement actuel. Il y avait aussi, bien sûr, des cerfs et des chevreuils.

Au bout d'un an, on se rendait compte que leur nombre augmentait, mais il était difficile, sur place, d'évaluer leur taux de croissance. mais il existait un moyen infaillible de l'apprécier : survoler l'enclos en hélicoptère, en profitant de la neige formant un fond blanc sur lequel se détachaient les animaux. Il y avait alors à la base aérienne de Saint-Dizier un groupe d'hélicos "Alouette" qui se prêtait à merveille à cette opération.

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