Les grévistes ont entamé leur deuxième nuit de veille devant les portes de l'établissement. Ils sont plusieurs dizaines à faire le piquet devant les deux entrées. Il se relayent en s'organisant sur leurs horaires normaux de travail. Une équipe viendra vers 3 heures du matin. "Mais en fait, beaucoup d'entre nous font plus d'heures que s'ils travaillaient" explique un délégué du personnel. En effet, certains étaient déjà là en fin d'après-midi et passeront la nuit sur place.

Le piquet de grève est maintenu toute la nuit

Après le rythme soutenu de l'après-midi, marqué par des négociations qui n'ont pas abouti pour le moment, une impression de calme tranquille règne autour de l'usine. Les drapeaux du syndicat flottent dans la nuit, éclairés par des braseros qui marquent le piquet, pendant que certains s'occupent à jouer à la pétanque sur le parking, à la lumière des réverbères : il faut bien passer le temps.

Des grévistes toujours déterminés

D'autres sont réunis et discutent de la situation. Je perçois une forte motivation, la même qu'affichaient les grévistes cet après-midi et, comme eux, ils me confient "nous sommes encore plus motivés que la veille !"

On évoque le conflit, rien ne filtre sur le contenu des négociations... A l'évocation du préalable posé (en vain) par la direction avant toutes négociations (la reprise immédiate du travail), la discussion s'anime un peu : "On ne se fera pas avoir comme en 2004", lance un des grévistes, "nous avions repris le travail avant d'avoir obtenu satisfaction et après c'était trop tard."

La nuit n'a donc rien enlevé à la détermination des salariés en conflit, d'autant plus qu'ils ont reçu dans la journée, la visite des anciens d'Eurofence, venus soutenir les grévistes.

Photos M. tanner

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