Peu après midi ce 26 juillet, les salariés en grève étaient regroupés pour partager sandwhiches et merguez. "Nous sommes stationnés devant l'usine mais nous n'empêchons personne d'entrer ou sortir" précisait Christophe Marcel, le délégué syndical qui, bandana rouge noué autour de la tête et téléphone mobile collé à l'oreille, gère le conflit. "La fermeté dans le calme" semble être le mot d'ordre du responsable syndical.

Le directeur général a rencontré une délégation en fin de matinée : "il ne nous a pas fait de nouvelle proposition, il a seulement demandé à nouveau que l'on reprenne le travail sur le champ. Il a aussi menacé de porter plainte. Il veut durcir la situation !" expliquait en milieu de journée le représentant CGT. Le ton avait durci également chez les grévistes. "Nous sommes encore plus motivés qu'hier, nous ne cèderons pas !!" s'exclamait l'un d'entre eux.

Visiblement le préalable posé par la direction ne passait pas.

Mais en début d'après-midi le directeur général, Gilles Schneider, a rencontré la délégation des grévistes sur le parking en face de l'usine, à l'écart de toutes oreilles. La discussion semblait animée. A l'issue de cette entrevue, chacun a rejoint "son camp". La direction se refusait une fois de plus à tout commentaire.

Visages fermés pour une réunion à huis-clos

Les représentants syndicaux ont réuni les grévistes mais impossible d'en savoir plus : les visages étaient fermés et les médias indésirables... "C'est une réunion à huis-clos" me lançait le représentant du comité d'entreprise. C'est de bonne guerre.

C'est ainsi que les négociations ont débuté peu après la mi-journée. La direction d'Eurofence semble donc avoir fait son deuil du préalable qu'elle voulait imposer : la reprise du travail. Ces négociations ont été ponctuées à plusieurs reprises par des compte-rendus aux grévistes, la navette entre les bureaux de l'usine et le piquet de grève a duré tout l'après-midi.

Est-ce le signe d'une prochaine sortie de conflit ? Pas sûr, car les grévistes discutent ferme les propositions d'Eurofence qui ne semblent pas faire l'unanimité. Et, même si l'on joue à la belote pour tromper le temps, même si le calme règne, les salariés en grève semblent déterminés et, ce soir, se préparent à passer une nouvelle nuit à la belle étoile.

Photos M. tanner

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