Eurofence Doulevant (Haute-Marne) en grève illimitée pour le maintien des rémunérations
Par Michel Tanner, mercredi 25 juillet 2007 à 15:33 - Doulevant le Chateau - #1188 - rss
Depuis ce matin, l'usine Eurofence de Doulevant le Château est en grève. Ce mouvement social est très largement suivi : "90 % des ouvriers et des salariés des bureaux sont en grève, l'usine est paralysée" affirme le délégué syndical CGT, Christophe Marcel.
A l'origine de cet arrêt de travail, une revendication salariale.
Pas une augmentation de salaire mais plutôt le maintien des rémunérations pour 2007. C'est que cette année, les salariés d'Eurofence ne toucheront pas leur prime de participation. "Cela représente un mois de salaire en moins, cette année", précise le représentant syndical.
C'est une baisse, voire une disparition, des bénéfices du groupe suédois Gunnebo, auquel appartient Eurofence, qui est la cause de la suppression de cette prime. C'est du moins ce que révèlerait le bilan du groupe pour l'exercice 2006, selon la CGT.
Ce serait donc un simple problème économique. Mais, visiblement, les salariés et la CGT n'ont pas la même analyse de la situation que dirigeants du groupe suédois. Pour les grévistes, cela se résume très simplement : le PDG du groupe a augmenté sa rémunération et les salariés de l'usine de Haute-Marne ne veulent pas trinquer : "le bilan montre qu'en 2006 les frais du groupe ont plus que doublé", explique Christophe Marcel, "ces frais comprennent essentiellement les charges de marketing, la rémunération des cadres supérieurs du groupe et celle du PDG." Autrement dit : le PDG du groupe se serait accordé une sérieuse augmentation. Ceci ne troublerait pas plus que ça le salarié "lambda" de l'usine de Doulevant, probablement à 1000 lieues des préoccupations du patron du groupe, si ces augmentations de frais ne venaient pas amputer les bénéfices du groupe. Or, pas de bénéfice, pas de prime de participation.
Une seule revendication donc, le maintien du niveau de rémunération annuelle pour les salariés d'Eurofence. "On veut une compensation de la perte d'un mois de salaire" explique le délégué de la central ouvrière. Et, selon le syndicat, la direction ne s'empresse pas vraiment de négocier. "Nous avions vu venir le problème", précise Olivier Cell, membre du comité d'entreprise, mais, déjà en 2006, la direction a suspendu les négociations salariales en promettant d'y revenir début 2007. Nous attendons toujours..."
"Cette année, nous avons tenté d'ouvrir une nouvelle négociation sur cette perte de salaire mais cela ne donne rien" déplore le délégué syndical.
C'est donc hier, le 24 juillet, que les salariés se sont réunis en assemblée générale et ont voté la grève en constatant que la négociation n'avançait pas.
Peu avant 10 heures ce matin, Gilles Schneider, directeur général de l'usine de Doulevant, s'est brièvement entretenu avec le délégué syndical, devant l'établissement. "C'était juste pour m'annoncer qu'il n'y aura pas de négociation dans ces conditions", affirme Christophe Marcel. Pour sa part, le directeur général a refusé de commenter ce mouvement social.
Toutefois, un peu plus tard, la direction recevait une délégation des grévistes, composée de Christophe Marcel et d'Olivier Cell. L'entrevue a été de courte durée et les grévistes continuaient leur mouvement après que les dernières informations leur aient été communiquées. "la direction de l'usine a évoqué la possiblité de primes de 250 euros bruts. Une prime en juillet, sans condition et deux primes en 2008 sous réserve que l'usine fasse assez de résultats et que les charges d'achats baissent" rapporte Olivier Cell qui précise que "la prime de juillet était déjà prévue. Elle doit être réglée car Eurofence a obtenu la certification Iso 9001, cela n'a donc aucun rapport avec la grève. Quant aux primes de 2008, cela ne compenserait pas la perte de salaire et, de plus, les salariés ne sont pas responsables des achats."
Mais la direction a posé un préalable à toute négociation ou accord : l'arrêt immédiat de la grève. Mais les salariés, eux, on une approche inverse : il reprendront le travail quand ils auront l'assurance de ne pas avoir de baisse de rémunération.
Photos M. tanner
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Commentaires
1. Le jeudi 26 juillet 2007 à 10:00, par ----
2. Le jeudi 26 juillet 2007 à 20:16, par Ex-doulevantais
3. Le jeudi 26 juillet 2007 à 23:57, par Michel Tanner
4. Le vendredi 27 juillet 2007 à 00:17, par Michel Tanner
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