Ce serait donc un simple problème économique. Mais, visiblement, les salariés et la CGT n'ont pas la même analyse de la situation que dirigeants du groupe suédois. Pour les grévistes, cela se résume très simplement : le PDG du groupe a augmenté sa rémunération et les salariés de l'usine de Haute-Marne ne veulent pas trinquer : "le bilan montre qu'en 2006 les frais du groupe ont plus que doublé", explique Christophe Marcel, "ces frais comprennent essentiellement les charges de marketing, la rémunération des cadres supérieurs du groupe et celle du PDG." Autrement dit : le PDG du groupe se serait accordé une sérieuse augmentation. Ceci ne troublerait pas plus que ça le salarié "lambda" de l'usine de Doulevant, probablement à 1000 lieues des préoccupations du patron du groupe, si ces augmentations de frais ne venaient pas amputer les bénéfices du groupe. Or, pas de bénéfice, pas de prime de participation.

La direction de l'usine : D'abord reprendre le travail
Brève discussion entre le directeur général (à droite) et le délégué CGT (à gauche) devant l'usine en grève.

Une seule revendication donc, le maintien du niveau de rémunération annuelle pour les salariés d'Eurofence. "On veut une compensation de la perte d'un mois de salaire" explique le délégué de la central ouvrière. Et, selon le syndicat, la direction ne s'empresse pas vraiment de négocier. "Nous avions vu venir le problème", précise Olivier Cell, membre du comité d'entreprise, mais, déjà en 2006, la direction a suspendu les négociations salariales en promettant d'y revenir début 2007. Nous attendons toujours..."

"Cette année, nous avons tenté d'ouvrir une nouvelle négociation sur cette perte de salaire mais cela ne donne rien" déplore le délégué syndical.

C'est donc hier, le 24 juillet, que les salariés se sont réunis en assemblée générale et ont voté la grève en constatant que la négociation n'avançait pas.

Peu avant 10 heures ce matin, Gilles Schneider, directeur général de l'usine de Doulevant, s'est brièvement entretenu avec le délégué syndical, devant l'établissement. "C'était juste pour m'annoncer qu'il n'y aura pas de négociation dans ces conditions", affirme Christophe Marcel. Pour sa part, le directeur général a refusé de commenter ce mouvement social.

La délégation des gréviste fait le point avec les salariés
La délégation des grévistes fait son compte-rendu après l'entrevue avec la direction.

Toutefois, un peu plus tard, la direction recevait une délégation des grévistes, composée de Christophe Marcel et d'Olivier Cell. L'entrevue a été de courte durée et les grévistes continuaient leur mouvement après que les dernières informations leur aient été communiquées. "la direction de l'usine a évoqué la possiblité de primes de 250 euros bruts. Une prime en juillet, sans condition et deux primes en 2008 sous réserve que l'usine fasse assez de résultats et que les charges d'achats baissent" rapporte Olivier Cell qui précise que "la prime de juillet était déjà prévue. Elle doit être réglée car Eurofence a obtenu la certification Iso 9001, cela n'a donc aucun rapport avec la grève. Quant aux primes de 2008, cela ne compenserait pas la perte de salaire et, de plus, les salariés ne sont pas responsables des achats."

Mais la direction a posé un préalable à toute négociation ou accord : l'arrêt immédiat de la grève. Mais les salariés, eux, on une approche inverse : il reprendront le travail quand ils auront l'assurance de ne pas avoir de baisse de rémunération.

Photos M. tanner

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