"Nous ne vous poserons aucune question sur les orientations qui seraient les vôtres sur ce sujet grave. Les réponses, hélas, nous les connaissons déjà.

En plus de 10 ans d'opposition, nous avons pu prendre acte de la langue de bois que la plupart des politiques ont utilisée pour répondre, reprenant des arguments fabriqués sur mesure par les promoteurs du projet.

Au premier temps du projet, l'argument d'un simple laboratoire était le plus repris par vous-même ou vos prédécesseurs. A l'époque, nombre d'entre vous ou de vos familles politiques revendiquaient un 'Oui au labo, non à l'enfouissement' !

L'autre argument est celui de la sacro-sainte réversibilité, parée de toutes les vertus, permettant à chacun d'afficher une posture responsable alors que tous les textes officiels précisent que cette réversibilité est effective pendant la durée de remplissage du site et devient caduque dès la fin d'exploitation.

Un des arguments les plus détestables reste celui du développement économique.

En fait de développement économique, il s'agit surtout d'un bel acccompagnement financier que les collectifs Bure Stop nomment plus simplement et justement achat des consciences. Il est à parier que si l'argent avait été absent de ce projet, vous et vos prédécesseurs auriez été les premiers à refuser l'implantation de la poubelle nucléaire, image détestable pour une région, convenez-en.

L'argument de la création d'emplois a toujours été beaucoup mis en avant.

On sait que l'installation du 1er projet dit 'laboratoire' n'a pas produit l'effet escompté : tout au plus quelques emplois de vigile ou de personnel d'entretien puisque les profils professionnels sont très particuliers, la plupart des personnels étant là pour des missions à temps limité. De même, les annonces faites autour du 'Pôle technologique et scientifique de Bure-Saudron' sont restées sans suites, tout en engloutissant des sommes financières conséquentes. Et Areva-EDF installant aujourd'hui des centres d'archives autour de Bure, ceux-ci ne seraient-ils pas symboliques de l'avenir de la région : un immense lieu de stockage ?

Devant ce constat de dépendance des politiques vis-à-vis du nucléaire, nous n'attendons, aujourd'hui, rien de vous. Seuls, quelques candidats parmi vous, trop souvent appelés 'petits' se positionnent clairement contre le projet Bure remettant ainsi en question le tout-nucléaire électrique français.

Alors que plus de 50 000 Haut-Marnais et Meusiens demandent la tenue d'un référendum sur Bure, nous prévoyons qu'ils resteront encore transparents à vos yeux.

Il est à craindre que vous ne signiez des deux mains dans les prochains mois une feuille de route pour un nouveau programme nucléaire, au mépris des 59% de Français qui se prononcent en faveur d'une diminution du nucléaire (sondage Eurobaromètre - février 2007).

Il est à craindre que vous ne repreniez l'argument-massue d'AREVA qui présente l'énergie nucléaire comme une énergie propre (sic !), sans prendre en compte ni le risque majeur, ni la production de déchets, ni les coûts exhorbitants d'exploitation et sans remettre en question les attributions des budgets de recherche sur l'énergie (aujourd'hui 83 % vont au nucléaire).

Les vraies questions concernant l'énergie en France et dans le monde ne sont toujours pas posées. N'oublions pas que si la population mondiale vivait comme les Français, trois planètes seraient nécessaires."

En savoir plus :

Photo Ji-Elle - Wikipédia

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