Ceux qui n'y vont pas

Jean-Pierre Lebrun : "J'abandonne toute vie politique locale à Doulevant"

Le porte-parole de l'opposition majoritaire, au cœur de la crise municipale, a fait savoir qu'il ne sera pas candidat aux prochaines élections municipale de Doulevant.

Il devrait prochainement quitter le canton et il rappelle qu'il avait déjà fait part dès 2004 de sa décision "d'abandonner toute vie politique locale à Doulevant" à l'issue de la crise municipale. Ce qui n'exclut pas qu'il brigue un mandat ailleurs, municipal ou départemental. En 2004, il a été candidat aux élections européennes sur la liste Philippe de Villiers.

Le porte-parole de l'opposition majoritaire considère que "si monsieur Pillard n'avait pas eu le soutien de monsieur Saget, la situation aurait évolué plus rapidement" et il compte, avec le groupe d'opposition, s'expliquer prochainement sur cette crise.

Marie-Hélène Burgeat : "Je tourne la page"

M-H Burgeat, conseillère municipale membre du groupe opposé au maire, est restée relativement discrète dans cette affaire et aussi sur ses intentions futures.

Elle ne se présentera pas aux prochaines élections municipales et elle expique pourquoi :

"Je suis très satisfaite que le préfet ait enfin (!) demandé la dissolution. Il est primordial que la démocratie soit rétablie au plus vite dans notre municipalité.

Et pourtant le maire avait, entre autres, au moins 4 bonnes raisons de démissionner : perte de la confiance de 8 conseillers sur 11, budgets refusés 2 années de suite, perte de 2 procès devant les tribunaux, mise en garde et rappel à l’ordre démocratique du Préfet, devant ses conseillers.

Face à ce gâchis et à cette perte de temps pour Doulevant dus à un seul homme obstiné qui n’a pas voulu écouter ses conseillers élus pour cela, je tourne la page. Cette expérience décourageante me pousse à me désengager de toute action municipale. Je veux retrouver ma liberté !"

La future ex-conseillère ne se présentera donc pas mais ne restera pas passive pendant la prochaine campagne électorale. C'est ce qu'elle laisse entendre : "Il serait bon que les électeurs de Doulevant soient mis au courant de la manière curieuse qu’a eu Monsieur le maire pour gérer la commune… Ce qui ne manquera pas d'être fait en temps voulu."

Marc Muller :"trop déçu"

M. Muller, conseiller municipal, membre du groupe majoritaire opposé au maire a pris une décision sans appel : "je ne me présenterai pas, c'est sûr à 100%, j'ai été trop déçu par l'attitude du maire."

Ceux qui y vont

Jean-Michel Chalicarne "Je me présente mais..."

J-M Chalicarne est maire-délégué de Villiers aux Chênes. Il est toujours resté dans le groupe du maire. Le plus souvent assez calme dans la tourmente mais capable à l'occasion de taper sur la table pour peu qu'il se sente visé.

Il se présentera aux prochaines municipales à Doulevant. Il sera candidat à Villiers mais, à l'évidence, il a des choses à dire et la crise municipale aura laissé des traces :

"Oui je me présente mais j'ai deux points à préciser :

Tout d'abord, il faudra que je représente ma commune à la communauté de communes. Si le conseil municipal n'accepte pas, je démissionnerai."

Il est vrai qu'il y a actuellement deux représentants à l'assemblée communautaire mais ils sont tous les deux membres "directs" du conseil municipal de Doulevant et aucun élu ne représente Villiers à la CDC. Or les déclarations publiques des deux représentants doulevantais ne laissent aucun doute : au sein de la CDC, ils expriment leurs votes en fonction de leurs opinions personnelles et non pas au titre d'un mandat de leur conseil municipal. C'est une vision très particulière de la démocratie...

"Ensuite," reprend le maire-délégué, "si une situation de crise se représente à nouveau, je provoquerai la dissolution de la fusion et Villiers reprendra son indépendance. Il n'est pas normal que les habitants de Villers aux Chênes subissent les effets de la crise sans pouvoir sanctionner ou s'exprimer à ce sujet par les urnes."

En effet, le système électoral en vigueur interdit aux électeurs de Villiers, commune associée, de voter pour les candidats se présentant à Doulevant le Château. Il ne peuvent que choisir le conseiller qui sera à priori leur maire-délégué.

Jean Clément "Ma liste est complète"

Jean Clément est un ancien élu de la commune. Il a été premier adjoint quand Hubert Saget était maire de Doulevant et que José Pillard était deuxième adjoint.

Sa candidature n'est pas une surprise. Il était plus présent ces derniers mois au séances du conseil municipal et il est même intervenu pour interpeller vivement le premier adjoint et le maire délégué lors d'une réunion du conseil.

Il indique qu'il sera candidat et affirme avoir une liste complète de 10 noms. Mais il a refusé de la communiquer.

J. Clément rajoute : "si vraiment quelqu'un présente une autre liste qui risque d'enmener la décision, je me retire."

Cette éventualité semble toutefois peu probable concernant un candidat qui ne serait pas "dans le sérail" : le spectacle donné par nos élus pendant 2 ans aura échaudé plus d'un doulevantais ! Alors Jean Clément pense-t-il à un candidat particulier ?

Claude Husson : "seul ou avec une liste, je me présenterai"

Claude Husson est un personnage un peu à part. Il est le seul candidat déclaré (pour le moment) à ne pas avoir exercé de mandat électif en Haute-Marne. Installé depuis quelques années dans le village, il communique volontiers (c'est le commentateur le plus assidu de Doulevant Info) mais, pour certains, c'est une personne assez énigmatique. En effet, résidant au "Château Charles X", ll met en place depuis plusieurs années, une association de service aux personnes handicapés mais les doulevantais ne voient rien venir.

Claude Husson a déclaré vouloir se présenter et avoir un programme à présenter aux électeurs. Il souhaite s'entourer de colistiers animés par la volonté de se mettre au service de l'intérêt général.

Mais il semble que ces oiseaux rares soient difficiles à dénicher à Doulevant. "Au besoin, je me présenterai seul" affirme-t-il.

Les indécis

La liste de ceux qui ne sont pas encore "décidés" est la plus longue. Mais certains ne jouent-ils pas au poker menteur ?

José Pillard : "En temps et en heure"

Au centre de la crise municipale, le maire, affirme ne pas avoir pris de décision et avisera le moment venu. Pourtant son nom circule depuis plusieurs semaines dans la liste des candidats probables, voire quasi-certains.

Si l'on s'en tient à sa ligne de conduite, celle d'un homme qui persiste et signe dans ses certitudes, il devrait en toute logique prétendre à sa réélection.

Mais peut-être est-il fatigué car, il faut le reconnaître, lutter quasiment seul contre tous ça laisse des traces...

Si José Pillard se représente, la question est aussi de savoir avec qui il constituera une liste. Il a certes des partisans et un renfort inespéré se manifestant par une pétition lui aura probablement donné quelques espoirs. Mais qui voudra prendre le risque de s'exposer en se présentant aux côtés du maire après la dissolution ?

Hubert Saget : "Attendons de voir ce qu'il va se passer"

Le premier adjoint du conseil, ancien maire de la commune, ne se pronnonce pas : "Je ne sais pas encore. Attendons de voir ce qu'il va se passer. Pour le moment, le préfet a seulement demandé la dissolution du conseil et puis on ne sait pas si la date normale des élections municipales va être avancée à octobre 2007, auquel cas la dissolution n'entraînerait pas d'élection anticipée."

On reconnaît là cette prudence avisée qui caractérise le premier adjoint. Mais son nom circule également parmi les candidats possibles et très probables. La bonne question est peut-être : avec qui va-t-il s'allier ? Il est peu probable qu'Hubert Saget accepte un siège de "simple" conseiller. Tête d'une liste ? Encore faut-il trouver des candidats et ce n'est pas simple à Doulevant.

S'il se présente, la sagesse politique l'incitera plus probablement à négocier une bonne place sur une liste qui a ses chances.

Alors ? Qui ? La liste hypothétique du maire ? Son issue est bien improbable. La liste Clément ? Après avoir entendu les échanges assez vifs entre les deux hommes lors d'une récente séance du conseil, il semble évident qu'il n'iront pas en vacances ensemble... Et puis la liste est close, selon Jean Clément.

Une hypothétique liste Fèvre ? Ils sont tous deux membres de l'UMP, des politiques aguerris et le conseiller général avec sa stature de vice-président du département a ses chances. C'est une hypothèse plausible.

Virginie Asdrubal : "Je ne sais pas encore"

V. Asdrubal était deuxième adjointe et involontairement au centre de la crise municipale. Le maire lui avait enlevé toutes ses délégations et l'opposition majoritaire a toujours posé comme préalable à toute discussion, la réintégration de madame Asdrubal dans ses droits. Finalement elle a démissionné il y a quelques semaines, visiblement fatiguée par cette affaire. Aussi on peut imaginer qu'elle ne soit pas partante pour une nouvelle expérience.

Andrée Goze : "j'y réfléchis"

Elle est conseillère municipale sortante et a toujours affiché son indépendance. Elle s'était présentée seule et a été élue seule. Cette indépendante l'a conduite a des revirements apparents, soutenant le maire puis, depuis quelques mois, s'affichant dans l'opposition tout en gardant ses distances avec le groupe mené par Jean-Pierre Lebrun.

Curieusement, André Goze passait relativement inaperçue en début de mandat puis, au fil de la crise, a pris de plus en plus souvent l'initiative, multipliant les déclarations et les révélations, dénonçant l'attitude du maire et n'hésitant pas à taper sur la table. Finalement, à elle seule, elle a fait autant, sinon plus, de bruit que toute l'opposition majoritaire.

Mais la conseillère est indécise : "je réfléchis" annonce-t-elle, laconique. Elle ne veut pas en dire plus pour le moment.

André Goze est le portrait type du fidèle lieutenant, pour peu qu'elle trouve sa place dans une liste. La conseillère ne semble pas prétendre au siège de maire mais elle pourrait faire une excellente colistière. Oui mais voilà ! N'est-elle pas trop indépendante ? Imprévisible ?

Brigitte Gillet : "J'hésite"

B. Gillet, est une ex-conseillère municipale, élue en 2001 sur la liste de J-P Lebrun et démissionnaire en 2002. Depuis, elle est restée en retrait de la vie politique locale.

"J'ai été solicitée par Jean Clément mais j'hésite." Ira ? Ira pas ? Sur la liste Clément, c'est peu probable si celle-ci est close...

Jean-Marc Fèvre : "Si on me sollicite..."

J-M Fèvre, membre de l'UMP, vice-président du conseil général, patron du comité départemental du tourisme, président de la communauté de communes et maire de Flammerécourt a-t-il envie de rajouter le chef-lieu de son canton à son tableau ?

Nul doute qu'il dira que la question ne se pose pas ainsi. "Si on me le demande vraiment, si je ressens parmi la population de Doulevant un besoin et une envie de me voir prendre les choses en main, je viendrai" affirme-t-il.

Voilà qui est clair et, il est vrai que son nom circule depuis un certain temps. Jean-Marc Fèvre n'exclut donc pas d'être à la tête d'une liste aux prochaine municipales. Il déplore d'ailleurs l'état dans lequel le conseil actuel a laissé la commune.

Mais, au-delà de la personne et de ses qualités, est-il souhaitable d'avoir le même élu à la direction de tous les sièges : le canton, la communauté de commune et le chef-lieu de canton ?

Après avoir subit 5 années durant les éclats d'élus locaux moins attachés à la démocratie qu'à leur siège municipal, Doulevant a un sérieux besoin de transparence et d'ouverture, bref de démocratie. La démocratie, elle, a besoin d'un minimum de contradiction pour bien fonctionner. Or, si toutes les collectivités impliquant économiquement la commune de Doulevant sont dirigées par le même élu, il n'y a, de fait, plus de contradiction, plus de débat et ce n'est pas le meilleur schéma que l'on puisse souhaiter à Doulevant, dans le contexte actuel.

Besoin de vocations nouvelles pour des idées nouvelles

Un constat à la lecture de cette liste : rien de très nouveau à l'horizon est on a de très fortes chances, si les choses en reste là, de voir aux affaires les mêmes représentants du "microcosme politique" de la région de Doulevant. Certes un peu de "sang neuf" ne ferait pas de mal mais cela ne semble pas se "bousculer au portillon" et on le comprend !

Mais dans les semaines à venir, car il est encore tôt, peut-être verra-t-on d'autres prétentions. C'est à souhaiter car, quel que soit le résultat des prochaines élections municipales, espérons qu'un vrai débat s'engage sur les vrais problèmes qui gangrènent la commune... Et surtout sur des solutions et propositions d'avenir pour reconstruire un Doulevant où il fera bon vivre, attractif et où la Blaise pourra gazouiller joyeusement dans la sérennité retrouvée.

Photo M. Tanner

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