L'inconnue UDF

Bayrou est dans une dynamique ascendante, passant de 5,66% en 2002 à 15,44% ce dimanche. C'est donc un beau succès et, globalement, l'UDF devrait pouvoir arbitrer le second tour en Haute-Marne. La question est de savoir de quel côté.

On pourrait penser que, naturellement, les voix centristes se reporteront à droite mais cela ne sera peut-être pas aussi simple.

D'une part, il ne faut pas oublier que quelques voix socialistes se sont peut-être portées sur Bayrou mais, plus évident, des voix de droites réfractaires à Sarkozy ont probablement bénéficiées à François Bayrou.

Christian Després s'est, par exemple, clairement prononcé en faveur de l'UDF en Haute-Marne. Les partisans de Nicolas Dupont-Aignan sont animés d'un assez vif sentiment anti-sarkozy ! Questions : comment le candidat gaulliste de la première circonscription va-t-il se positionner pour le second tour ? Quel poids représente-t-il en Haute-Marne ?

D'autre part, l'UDF haut-marnaise ne semble pas vraiment animée d'un amour profond pour l'UMP. C'est ce que l'on peut croire en pensant, par exemple, au mauvais tour que les élus municipaux UDF ont dernièrement joué au dépend du maire UMP de Saint-Dizier. Alors ? Etait-ce une simple intimidation ou l'annonce de grandes manœuvres visant à diminuer l'influence de l'UMP dans notre département ?

Nous le saurons probablement assez vite... et, encore un fois, les appels en faveurs ou non de Sarkozy devraient influer sur les alliances aux législatives... Ou inversement.

L'UMP en tête mais...

Si l'on compare le score de Nicolas sarkozy de ce premier tour (31,71%) avec celui de Jacques Chirac en 2002 (19,92) on peut penser que le candidat UMP fait un bon en avant.

Mais en y regardant de plus près, ce n'est pas si évident. En effet, en 2002, la droite républicaine était plus éclatée qu'en 2007. En rajoutant les scores des écologistes de droite (Lepage : 1,69) et Madelin (3,83) et de Christine Boutin (1,05), le score de la droite était alors de 26,49%, soit une progression de 5,22%.

C'est confortable mais sans plus. Surtout que si on s'intéresse au report des voix de Le Pen, on peut sans trop de risque, penser que Sarkozy en a répupéré une bonne partie en Haute-Marne, conséquence de sa campagne flirtant les voix frontistes. Cela fragilisera peut-être l'UMP de Haute-Marne quand aux alliances avec les centristes.

Pour l'UMP en Haute-Marne, la question pourrait se résumer à choisir entre une alliance logique (mais non acquise) avec le centre ou une alliance hasardeuse (et nécessairement sous conditions) avec l'extrême droite.

Si l'on additionne les voix UMP avec celles de Le Pen et De Villiers, le total est de 51,62%.

Si l'on ajoute les voix UDF à celles de l'UMP, le total est de 47,15%.

On sait bien que ces calculs ne se traduiront pas par des reports à 100% mais c'est une base de réflexion assez logique.

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