Saint-Dizier : Le député-maire UMP en difficulté au sein de son conseil municipal

Selon un communiqué du PS Haut-Marnais (10 avril) François Cornut-Gentille, le maire de la ville, aurait perdu sa majorité au sein du conseil municipal.

Lors de la séance du conseil où était soumis le budget, celui-ci n'a pas été voté faute de quorum. C'est la conséquence, selon le PS, de l'absence des élus municipaux de l'UDF.

Ainsi en s'abstenant de se présenter à cette réunion les élus centristes ont mis le maire de Saint-Dizier en minorité.

"Le Maire UMP est minoritaire dans son propre conseil. Il n'a plus de majorité. Devant un tel désaveu, il devrait en tirer les conséquences" expliquent les membres du PS qui reprochent à François Cornut-Gentille d'avoir "pour habitude de mépriser son opposition."

Cela rappellera certainement quelque chose aux habitants de Doulevant...

Après les déclarations de Christian Després (représentant régional de DLR, le nouveau parti de Nicolas Dupont-Aignan) se positionnant pour un front anti-UMP dans notre département et appelant au soutien de l'UDF, après les difficultés que rencontre le député-maire UMP de Saint-Dizier (voir ci-contre), c'est au tour du PS haut-marnais de monter au créneau sur le terrain du gaullisme... où on ne l'attendait pas vraiment, brandissant le soutien d'un ancien ministre du général de Gaulle (voir plus loin).

Dans un communiqué du 18 avril, Eric Loiselet, responsable du parti socialiste en Haute-Marne, critique vivement le soutien qu'a apporté ostensiblement François Cornut-Gentille à Nicolas Sarkozy lors de la venue de ce dernier à Colombey lundi dernier.

Cela "n'a trompé personne" affirme Eric Loiselet dénonçant "une piètre mise en scène pour tenter de masquer la dérive du candidat de l'UMP loin du champ de ce qu'a été le gaullisme."

Selon le responsable soclialiste, Nicolas Sarkozy tente de séduire les électeurs du front national en prenant des "positions en matière de politique étrangère [qui] sont aux antipodes de ce que fut le gaullisme."

"On n'imagine pas le Général de Gaulle aller serrer la main de Georges W. Bush en excusant l'arrogance française. On n'imagine pas non plus le Général de Gaulle tenir les propos de Nicolas Sarkozy sur la génétique" explique Eric Loiselet. "Les positions et les actes de Nicolas Sarkozy sont une insulte permanente à la mémoire du Général de Gaulle."

Une imposture

Nicolas Sarkozy gaulliste ? C'est une "imposture", s'insurge Eric Loiselet. "Le gaullisme s’est éteint avec la disparition du Général de Gaulle, en 1972. Et Nicolas Sarkozy, qui s’avoue lui-même plus à droite que Jacques Chirac, n’a rien à voir avec ce qui a été une séquence unique de l’histoire de la France."

Et la complicité affichée par François Cornut-Gentille et Nicolas Sarkozy, à Colombey ? "C’est Bernard Cornut-Gentille, l’oncle du député maire UMP de Saint-Dizier, qui a dû se retourner dans sa paix éternelle. Bernard Cornut-Gentille fut ministre du Général de Gaulle, avant de rompre avec le gaullisme et même de se rapprocher de la gauche à la fin de sa vie politique, au point d’obtenir le soutien des socialistes pour les législatives à Cannes dans les Alpes-Maritimes en 1978 et 1981.

Pour le socialiste haut-marnais, il est temps de remettre chacun à sa place : "François Cornut-Gentille, qui a trop longtemps réussi à faire croire qu’il était presque de 'centre gauche', se révèle pour ce qu'il est : un authentique homme de droite, prêt, (...) à pactiser avec le parti de Jean-Marie Le Pen, héritier de l'OAS et de Vichy. François Cornut-Gentille est d’accord avec tout : l'eugénisme du candidat de l'UMP, proche des thèses de la droite extrême américaine, le ministère de l'identité nationale et de l'immigration proposé par Nicolas Sarkozy, sa front-nationalisation. Rien ne rebute François Cornut-Gentille alors que tout cela est une insulte permanente à la mémoire du Général de Gaulle.

Pour notre part, nous préférons rappeller la lettre de l'un des derniers ministres en vie du général, Jean-Marcel Jeanneney, qui, après avoir lu son livre 'Maintenant', a décidé de soutenir Ségolène Royal."

Un soutien gaulliste pour le PS ?

L'ancien ministre du Général de Gaulle explique, dans une lettre datée du 12 avril, qu'il a choisi de soutenir Ségolène Royal :

"Madame, je ne vous ai entendue et vue qu'à la télévision. Mais vos propos, votre manière d’être, ont fait que, depuis plusieurs mois déjà, j'étais enclin à voter pour vous le 22 avril. Ayant lu attentivement votre livre, 'Maintenant', je ne doute plus de le faire.

Je suis un très vieux monsieur. Ministre du Général de Gaulle à trois reprises, je fus un des rares qui eurent l'honneur d'être reçu par lui à Colombey, après qu’il eut, en parfait démocrate, démissionné de la présidence de la République parce que désavoué lors du référendum qu'il avait décidé.

Je suis fidèle à sa mémoire. La France, au cours de sa longue histoire, n'a guère eu de chef d'Etat de cette envergure, parfaitement indépendant de toutes les puissances financières et de tous les dogmes politiques, ne se laissant intimider par quiconque, discernant ce qu’allait être l’évolution du monde et percevant ce qu'étaient les intérêts à long terme de son pays. Mais je n'ai jamais cru à la possibilité d'un gaullisme sans de Gaulle et je me suis vite désolidarisé de ses prétendus héritiers.

Cela dit – et sans vouloir vous écraser sous une telle référence en vous assimilant à cette très haute figure – j'ai le goût de vous dire que je constate d'assez nombreuses analogies entre ses idées et les vôtres, telles qu'elles apparaissent au long de vos trois centaines de pages. D'abord le volontarisme politique, puis l'attachement à la nation, à son passé et à son avenir, comme fondement nécessaire aux solidarités entre les individus vivant sur son sol ; la prise en compte des aspirations populaires mais sans soumission systématique à l'opinion ; l'idée, que de Gaulle énonça dès mars 1968 dans un discours à Lyon, que les activités régionales sont les ressorts de la puissance économique de demain; encore, le fait que la France, dans un mode menaçant, ne doit pas renoncer à une puissance militaire forte.

Entre vous et lui, il est encore un trait commun : quand on lui exposait un problème de façon abstraite, il vous interrompait : 'Alors ! Pratiquement, que proposez-vous ?' Or toujours vous proposez ou esquissez une solution concrète.

J'ajoute que vous rejoignez le général de Gaulle sur trois points, de grande importance. Le premier est la sobriété que vous voulez dans le comportement quotidien de la présidence de la République et du gouvernement. Le deuxième est le recours à l’article 11 de la Constitution, que vous devrez inévitablement utiliser pour modifier celle-ci, en particulier concernant le Sénat. Le troisième est que, comme lui, vous vous appuyez sur un parti, ce qui est indispensable, mais que, comme lui, vous êtes d’un tempérament assez fort pour pouvoir, quand besoin est, vous en affranchir.

Madame la candidate, je vous souhaite de tout cœur bonne chance et vous assure de la grande considération que j’ai pour votre culture gouvernementale, pour votre intelligence, votre sensibilité et votre caractère."

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