Nicolas Dupont-Aignan est un petit candidat : 1% d'intentions de vote selon un sondage de la Sofres mais il a gagné 0,5 % depuis le 1er février.

Dupont-Aignan n'est pas non plus inconnu des médias et du sérail politique. Il affiche 30 ans de militantisme politique. Il a été chef de cabinet et conseiller technique du ministre de l'éducation nationale, François Bayrou (1993-1994) et conseiller technique du ministre de l'environnement, Michel Barnier (1994-1995).

Il est maire d'Yerres (Essonne) depuis 1995 et député de l'Essonne depuis 1997.

La vie politique n'est pas un long fleuve tranquille

Son parcours au sein des partis est assez accidenté, conséquence de son attachement aux valeurs souverainistes et à ses positions sur des sujets sensibles (privatisation GDF, CPE, etc.) :

  • Nicolas Dupont-Aignan milite pour Jacques Chaban-Delmas lors de la campagne présidentielle de 1974.
  • Proche de Philippe Séguin, en 1997 il est nommé secrétaire national du RPR chargé des fédérations.
  • Mais en 1999, après s'être prononcé contre la ratification du traité d'Amsterdam, il fonde le club "Debout la République" et appelle à voter pour la liste souverainiste conduite par Charles Pasqua et Philippe de Villiers. Cette prise de position le conduit à quitter le RPR pour devenir secrétaire général adjoint et porte-parole du RPF, nouvelle formation lancée par Charles Pasqua.
  • Il quitte le RPF en 2000 et soutient Philippe Séguin, candidat à la mairie de Paris (contre Tiberi) en 2001.
  • Pendant la campagne présidentielle de 2002, Nicolas Dupont-Aignan se rapproche de Jean-Pierre chevènement avec lequel il publiera dans Le Figaro, une tribune libre intitulée la république est morte, Vive la république !
  • En 2002, il rejoint la majorité présidentielle au sein de l’UMP. En novembre, il est candidat à la présidence de l'UMP mais il est battu par Alain Juppé (Juppé : 79,42 % - NDA :14,91 %).
  • En 2004, il soutient Philippe de Villiers, lors des élections européennes. Il brigue à nouveau la présidence de l'UMP, sans succès (Sarkozy : 85,09 % - NDA : 9,10 %).
  • En 2005, il est partisan du "non" à la constitution Européenne et, en octobre, il annonce sa candidature à l'élection présidentielle 2007.
  • Le 13 janvier 2007, il démissionne de l'UMP

Les petits candidats : les "vrais gens" de la politique ?

Si les petits candidats étaient parfois considérés avec une certaine condescendance, voire comme un peu farfelus, aujourd'hui la donne a changé. Malgré un barrage des médias d'importance, l'opinion publique s'intéresse à ces candidats un peu hors-normes. L'internet y est en partie pour quelque chose mais cela n'explique pas tout. A mon sens, ils occupent de plus en plus un terrain laissé libre par les grands ténors de la politique.

Plus que jamais, cette campagne 2007 laisse une impression de surmédiatisation, privilégiant la forme au fond, et une mise en scène du jeu politique qui fait la joie des grands médias. On aura, nous dit-on, Sarko et Ségo au 2ème tour et on a déjà désigné le 3ème homme, François Bayrou. Un troisième homme plus rassurant que Le Pen. Tout le monde il est beau, tout le monde il est content, circulez et ne réfléchissez pas trop ! La grande majorité des citoyens n'est pas nécessairement d'accord avec cette façon de voir la politique mais on ne va pas s'embarrasser de détails... Hein ?

Oui mais voilà : cette majorité citoyenne (les vrais gens) vote de moins en moins, ce qui n'est pas le must en matière de démocratie. Ou ils expriment un vote contestataire, ce qui n'est pas rassurant en terme d'équilibre démocratique. Et je ne parle pas de ceux qui n'ont pas le droit de vote, des gens qui habitent les quartiers dits sensibles sur lesquels focalisent grands médias et grands partis pour, chacun, tirer son marron du feu social... Deux petits tours et j't'oublie !

Tout ceci donne un vrai sens à nombre de petits candidats : ils sont aux grands candidats ce que les vrais gens sont aux artisans d'une pensée unique. Et les vrais gens, ça finit par compter, preuve en est, l'apparition et le succès de "J'ai une question à vous poser" sur TF1.

La presse qui boude et les gens qui questionnent

On pouvait constater ce décalage à Blumeray, vendredi 23 février, car ils étaient une bonne cinquantaine de personnes à la mairie du village. 50 personnes ? Il y a quelques années, des militants de grandes formations politiques auraient été bien contents d'en rassembler autant à leurs réunions politiques dans des grandes villes !

Du coup, c'est une réunion publique qui s'est tenue et, visiblement, les haut-marnais, habitants notoires d'une France profonde trop souvent boudée par les institutions, les politiques et les services, ont des choses à dire, des questions à poser et sont heureux de trouver en face, un interlocuteur prêt à répondre. En revanche, si le journal La Croix était présent les autres médias étaient bien absents à cette conférence de presse.

Il y a un point commun entre Nicolas Dupont-Aignan et d'autres candidats de droite ou de gauche, comme Olivier Besancenot, Corinne Lepage ou José Bové : ils disent clairement ce qu'ils ont à dire et n'hésitent pas à faire débat.

Souhaitons que la campagne présidentielle 2007, voit passer dans notre canton d'autres petits candidats : rien de tel pour faire bouger les idées. Par les temps qui courent, ce n'est pas un luxe...

De la constitution européenne à la fermeture du Trésor Public à Doulevant

Soit ! Alors qu'est-ce qu'il a à nous dire, cet électron libre ? Pas mal de choses, en fait. Nicolas Dupont-Aignan est opposé à la constitution européenne et contre la privatisation de Gaz De France : il n'a pas manqué de le rappeler à plusieurs reprises à Blumeray.

De la constitution européenne, jusqu'au problème de la fermeture de la trésorerie de Doulevant le Château, en passant par la politique agricole commune, Bure et la santé publique, nombreux étaient les sujets soulevés. Pas facile de répondre sur des sujets très locaux mais c'était l'occasion de les rattacher à une problématique plus large. Quelle réponse apporter face à la disparition des services publics en milieu rural ? Pour ou contre l'Europe et quelle Europe ? Quelle politique de santé en zone rurale ? Energie nucléaire, solaire ou éolienne ? La fiscalité ? A ces questions, Nicolas Dupont-Aignan a ses réponses.

Dans un prochain article, je reviendrai plus en détail sur les sujets abordés et les propositions de Nicolas Dupont-Aignan.

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