Quelques grandes figures du canton de Doulevant le Château (2007/8) Voltaire et Emilie à Lunéville (Suite).
Par Hubert Saget, mercredi 21 février 2007 à 10:49 - Un peu d'histoire - #782 - rss
Les nouveaux hôtes de Lunéville ne se montrent d'ailleurs pas en reste de grâces et d'amabilités.
Un jour, se présentant chez Stanislas, Voltaire lui offre un magnifique exemplaire de "La Henriade", avec ce quatrain:
Le ciel, comme Henri, voulut vous éprouver.
La bonté, la valeur, à tous deux fut commune;
Mais mon héros fit changer la fortune
Que votre vertu sut braver.
Parmi les commensaux de la cour de Stanislas, il y avait un brillant officier, marquis de fraîche date, Saint-Lambert. Il était né à Nancy le 26 décembre 1716.
Son père s'appelait simplement Lambert. Il avait épousé une demoiselle noble à peu près ruinée, Melle de Chevalier, se trouvant ainsi apparenté aux meilleurs familles du pays. Il prit alors le nom plus décoratif de Saint-Lambert, devint lieutenant de grenadiers au régiment des gardes de son altesse. Il fut èlevé dans une camaraderie presque journalière avec les enfants de la famille de Craon, et se trouva intimement lié avec le futur prince de Beauvau.
Comme il savait se donner grande allure, comme il était jeune et fort joli garçon, il devint bientôt la coqueluche des belles dames de Lunéville et de Nancy.
Sa réputation littéraire contribue encore à le grandir; Il compose des poésies qu'on s'arrache dans les salon; Il rime des madrigaux pour les dames; Voltaire lui adresse des épîtres, on le proclame grand poète; Il est célèbre.
Quelques unes des premières productions du jeune poète sont en effet fort jolies. Il passe un hiver chez des parents jansénistes et de là , envoie au prince de Beauvau cette épître où il se moque spirituellement du rigorisme qui l'entoure.
A vivre au sein du jansénisme,
Cher prince je suis condamné,
Et des muses abandonné
Dans le vieux château de Ternai,
Je répète mon catéchisme.
Des intrigues de Port-Royal,
J'apprends à fond tous les mystères,J'entends mettre au rang des saints-pères,
Nicole, Quesnel et Pascal.
En revanche, il couvre d'éloges les jésuites plus tolérants qui furent ses maîtres à Pont-à -Mousson:
Indulgente société!
O vous, dévôts plus raisonnables, apôtres pleins d'autorité
Le goût polit vos moeurs aimables
Aux charmes touchants du bréviaire
Vous entremêlez prudemment
Et du Virgile et du Voltaire.

















Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires sont fermés jusqu'au 16 mars à 20 heures.
Respect de la vie privée
En soumettant un commentaire, vous nous communiquez les informations telles que votre nom ou pseudo, adresse email, etc. Nous aurons également connaissance de votre adresse IP
Outre le contenu de votre commentaire, seul votre nom ou pseudo ainsi que l'url de votre site seront rendus publics.
Ces données sont récoltées uniquement pour faciliter l'usage et le bon emploi de cet espace d'expression dans le respect des lois et des personnes. Ces données restent en notre possession le temps de publication du commentaire.
Les commentaires sont publiés pour une durée indéterminée. Ils sont soumis à modération et nous nous réservons le droit de refuser leur publication totale ou partielle en cas de non respect des lois, des personnes ou d'usage détourné (spam, par exemple).
Vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données qui vous concernent (Loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978 modifié). Vous pouvez à tout moment demander que vos contributions soient supprimées.
Pour exercer votre droit d'accès, utilisez cet email : Protection vie privée