"La pénurie est déjà là, à cette carence vient s’ajouter une pénurie de médecins spécialistes. Notamment à Saint-Dizier où la durée d’un rendez-vous auprès d’un ophtalmologue est d’un an. Nous manquons aussi d’ORL pour tout le nord de la Haute-Marne."

Jugeant les actions du gouvernement "inefficaces" et réduites "à un discours charitable", Kheira Drissi s'en prend à son adversaire, le député-maire de Saint-Dizier, François Cornut Gentille qui, selon elle, "oublie bien vite les promesses de son parti."

"Parce que j’ai à cœur la santé des Haut-Marnais et face à cette réalité, je dénonce la politique de poudre aux yeux et réclame des décisions concrètes en termes de financement pour faciliter l’installation de futurs médecins."

La candidate du PS préconise "l’ouverture de maisons de santé pour tous, appuyées sur des hôpitaux locaux" et une "meilleure répartition des professionnels de la santé - notamment les médecins - dans tout le département."

"Il devient urgent d’attirer les professionnels de santé dans notre département par exemple avec des dispositions financières incitatives, en partenariat avec les collectivités territoriales et les caisses d’assurance maladie", conclue Kheira Drissi.

Un problème réel à Doulevant le Château

Cette question de la médicalisation et de l'organisation de la santé dans notre zone rurale est d'autant plus pointue sur la région de Doulevant le Château qu'elle a connu il y a un an une crise à la suite du départ du médecin traitant. Si, depuis, un nouveau médecin s'est installé dans notre village, cela s'est fait dans la douleur et dans des circonstance qui posent encore question aujourd'hui. Certains ne manquent pas d'ailleurs de rappeler que la convention passée avec l'actuel médecin arrive bientôt à échéance...

Dans cette affaire, les collectivités territoriales sont restées plutôt en retrait alors que l'on pouvait légitimement penser que la municipalité ou la communauté de communes allait prendre le dossier en main. Mais non ! A Doulevant, ce sont des initiatives privées - pour certaines, des élus locaux agissant à titre personnel - qui se sont emparées de ce problème mais en n'oubliant pas de présenter (sans succès) la note au conseil municipal.

Par la suite la dite note aurait été prise en charge par l'association des commerçants qui aurait demandé à être remboursée par l'association des maires.

Mais tout ceci reste au conditionnel car rien n'a jamais été confirmé et vraiment clarifié.

Un parfum d'anarchie

Au-delà des rivalités, bien connues à Doulevant, c'est peut-être bien là, en effet, la conséquence d'un vide dans la politique médicale du département. A la réflexion, on peut penser que nous n'aurions peut-être pas connu ce "cafouillage" si les collectivités territoriales (notamment le département), avec l'appui d'une bonne politique de santé (menée par le gourvernement), avaient pris en charge ce dossier. Mais, il faut bien le reconnaître, sur ce coup, le maire de Doulevant le Château s'est bien retrouvé seul. Peutêtre n'a-t-il pas fait, non plus, trop d'effort pour aller poser le problème aux élus du département....

Quoiqu'il en soit, nous avons vécu ces évènements dans un climat parfumé d'un zeste d'anarchie. Comment qualifier autrement le fait que, devant la carence de la collectivité, les initiatives individuelles se manifestent dans le plus grand désordre ?

Maison de santé ? C'est pas mieux !

Besoin de maisons de santé, rappelle Kheira Drissi... Et bien, encore une fois, à Doulevant, nous sommes au cœur du sujet !

Rappelons simplement que, peu après l'installation du médecin, Jean-Marc Fèvre, président de la communauté de commune et, par ailleurs, conseiller général, vice-président de l'assemblée départementale, a lancé un projet de "maison médicale et de services" dans la plus totale opacité et sans aucune concertation.

A ce jour, tout ce que l'on sait, c'est que ce projet ressemble plutôt à un centre d'affaires et que l'on a oublié le volet médical du dossier. On sait également que la communauté de communes souhaitait acquérir "les granges" pour un euro symbolique mais que ce n'est pas encore fait. On sait qu'en fait on ne sait rien.

Alors, je ne suis pas loin de penser que nous sommes encore loin de réunir les conditions pour mettre en place une vraie politique de santé dans notre secteur. Ceci est d'autant plus alarmant à l'heure où une étude montre que la "fracture santé" va en s'agrandissant entre les français aisés et les autres, entre les citadins et les ruraux.

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