Quelques grandes figures du canton de Doulevant le Château (XXXVIII) Comment vivait-on à Cirey (Suite).
Par Hubert Saget, jeudi 21 décembre 2006 à 10:36 - Un peu d'histoire - #672 - rss
Avec beaucoup de prudence je rapporte ici une tradition locale dont je n'ai trouvé aucune confirmation écrite (et pour cause, me direz-vous!), mais dont il serait surprenant qu'elle ait été inventée de toutes pièces
Sur le finage de Bouzancourt, dans la plaine, et à peu près dans l'axe de la grande allée qui fait face à la porte d'honneur du château, longue d'environ deux kilomètres, existait autrefois un poirier isolé, supprimé depuis lors par le remembrement, que l'on appelait le "poirier du sabbat"; C'est en ce lieu que Voltaire et la marquise (et quelques autres ?) se seraient réunis pour célébrer des "messes noires". C'est du moins ce qu'on leur a prêté, mais "on ne prête qu'aux riches".
Quel degré de vraisemblance peut-on accorder à cette histoire ? N'oublions pas que le "siècle des lumières" comportait aussi bien des ombres. Il fut celui de Messmer et de Cagliostro, qui, à l'époque, il est vrai, étaient encore à venir...Mais dans un passé récent, des expériences de cette nature avaient été réalisées, et cela au plus haut niveau, qui sert toujours de modèle.
Saint-Simon, qui en cinq mille pages, n'a jamais rien écrit de pauvre ni de terne,mais rien de faux et d'amplifié non plus, raconte avec ce merveilleux "débraillé" de la phrase, qui n'appartient guère qu'à lui, une histoire saisissante où l'on voit le futur Régent, Philippe d'Orléans, qui "avait eu toute sa vie la faiblesse si commune à la cour des enfants d'Henri II, que Catherine de Médicis avait entre autres maux apportée d'Italie", cherché à connaître son avenir, et qui adviendrait à la mort de Louis XIV. "Il avait, dit Saint-Simon, tant qu'il avait pu cherché à voir le diable, à ce qu'il m'a souvent dit, et à voir des choses extraordinaires et savoir l'avenir".(*)
"Entre autres fripons de curiosités cachées, dont M. le duc d'Orléans avait beaucoup vu dans sa vie, on lui en produisit un, chez sa maîtresse, qui prétendit faire voir dans un verre d'eau, tout ce qu'on voudrait savoir". C'est "l'hydromancie".
On eut donc recours aux services d'une petite fille, qui décrivit neuf années à l'avance (on était en 1706) la scène de la mort de Louis XIV en 1715.
La petite fille qui n'avait jamais vu les appartements royaux fit avec justesse la description de la chambre du roi à Versailles, et de l'ameublement qui s'y trouva en effet à sa mort. Elle le dépeignit parfaitement dans son lit, et ce qui était debout auprès du lit et dans la chambre, un petit enfant avec l'ordre (du Saint-Esprit) tenu par Mme de Ventadour, sur laquelle elle s'écria parce qu'lle l'avait vue chez Melle de Séry.
(*)Saint-Simon-Mémoires, Jean de Bouriot, 1966 +.5.p.209.

















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