Lebrun était sans doute venu pour parachever ces oeuvres, et les adapter à la dimension des appartements. Deux de ces quatre peintures, celle qui est adossée au mur de l'extérieur, et celle qui lui fait face, sont sans aucun doute d'Oudry lui-même.C'est plus douteux pour les deux autres, une chasse à l'ours (il y avait encore beaucoup d'ours dans les montagnes, Alpes et Pyrénées), et le "ferme" d'un grand sanglier, scène dramatique et mouvementée, avec des chiens blessés, telle que tous les chasseurs de grand gibier en ont vu. Celui-ci est toutefois bien dans la manière d'Oudry: On y reconnaît les grands chiens blancs, sans collier,qui figurent aussi dans ses oeuvres du musée de la chasse à Gien. Une scène toute semblable est d'ailleurs décrite dans l'ouvrage collectif déjà mentionné, préfacé par Pierre Gaxotte et M.Giscard d'Estaing: "Louis XV, un moment de perfection de l'art français".

C'est une occasion de dire un mot de celui qui fut le plus grand peintre animalier du XVIIIème (et peut-être de tous les temps), dans une époque férue de chasse et de nature, où le roi lui-même chassait trois fois par semaine, et parfois plus, quand il était à Compiègne ou à Fontainebleau.

Cirey, haut-lieu lui aussi de la grand chasse, se devait de présenter quelques-unes de ces oeuvres emblématiques: animaux, chiens, natures mortes.

Jean-Baptiste Oudry s'était signalé à l'attention du roi par ses oeuvres présentées au salon de 1720. Il finit par porter le titre officiel de "peintre des chasses et des chiens du roi". Mais comment se fait-il que son oeuvre ait été jusqu'alors aussi mal connue, alors qu'elle a influencé aussi bien Boucher que Chardin ?

L'exposition "animaux d'Oudry - Collections des ducs de Necklembourg Schwerin", fruit de la collaboration entre le musée national du château de Versailles ,le musée national du château de Fontainebleau, et le Staatliches Museum de Schwerin, présente en France un vaste choix d'oeuvres de l'artiste,provenant des collections de Schwerin. La vigueur du dessin, la somptuosité des peintures, témoignent de la force de l'art pictural, comme reflet d'une conception du monde.

C'est la normalisation des relations internationales réalisée depuis 1989 qui a permis cet échange et cette révélation.

Les ducs de Schwerin, au XVIIIème siècle, s'étaient particulièrement intéressés à cette oeuvre, au point de réunir 43 dessins et 34 tableaux du même artiste.

Mais ce fonds, exceptionnellement riche était demeuré pratiquement inaccessible en R.D.A. jusqu'au changement politique survenu en Europe centrale, et c'est ainsi qu'a pu paraître aux "Editions de la Réunion des musées nationaux, 49 Rue Etienne Marcel - 75001 - Paris",l'ouvrage auquel nous nous référons ici.

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