Quelques grandes figures du canton de Doulevant le Château (XXXII) Comment vivait-on à Cirey ? (Suite)
Par Hubert Saget, jeudi 9 novembre 2006 à 14:35 - Un peu d'histoire - #559 - rss
L'intervention de Voltaire en faveur de Frère Macaire était peut-être un peu intéressée, mais combien il est émouvant pour un Doulevantais, qui fut propriétaire de l'ermitage, de lire de la main de Voltaire ce témoignage, le seul qu'il possède, sur l'un des derniers ermites de Notre-Dame-des-Près, son mode d'existence,la façon dont il gagnait sa vie par quelques petits travaux
Il s'agit de cette même résidence isolée, entre Arnancourt et Doulevant, où vécut le comte de Moret, fils naturel d'Henri IV et de Jacqueline de Breuil, qui se faisait appeler" frère jean-Baptiste", et où il y avait une chapelle, une petite maison, une source miraculeuse. Il n'en subsiste plus que quatre murs très bas.
Le très laïc M.C.E.Pissot,"esprit fort" du siècle dernier, auteur d'une "Notice historique sur Doulevant le Château" reconnaissait pourtant à la source " quelques propriétés fébrifuges". La tradition s'était conservée à Doulevant d'y aller puiser de l'eau en procession le 25 mars, jour de l'Annonciation.
J'ai connu un vieil habitant du pays, Henri Chaput, qui y avait participé. Quant aux "propriétés fébrifuges", les murs de la chapelle étaient garnis de béquilles des malades qui y avaient été guéris, comme à Lourdes, quand la propriété (25 ares et 32 centiares) fut vendue comme bien national, au district de Joinville, le 1er ventôse an II, pour 2850 livres.
Signalons que la limite des deux diocèses, de Toul au Nord, auquel appartenait Doulevant, de Langres au Sud, et donc la frontière de la Lorraine indépendante, passait dans "le jardin de l'ermite!".
Pour achever de décrire, autant que faire se peut, l'atmosphère du Cirey Voltairien, il reste à dire un mot d'un remarquable article des "Cahiers Haut-Marnais" (N° 66,1961), de M. Jean Gigot, archiviste, qui, dans les documents des anciennes juridictions, a exhumé une procédure qui remonte à cette époque.
L'affaire a pour titre:"Procédure criminelle faicte à la requeste de Monsieur le Procureur du Roy au bailliage et siège présidiel de Chaumont, entre Jeanne Foissy et Jeanne Culard, veuve Magance, de Cirey-le-Château, accusées de vols au château dudit Cirey (1736)".
On est en août 1736.
"Depuis longtemps il se commettait au château de Cirey des vols domestiques considérables,on avait pris dans les secrétaires du cabinet de madame du Châtelet plusieurs écus neufs de chacun six livres, dans celui du sieur de Voltaire, un rouleau d'or de 25 louis de chacun 24 livres..."

















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