C'est un véritable engouement qui se manifeste par le nombre des cours publics, et qui explique le succès de l"Encyclopédie" de Diderot, qui fut le premier grand dictionnaire illustré (douze volumes de planches avec le supplément), avec une typographie très soignée (dont il existe au château un magnifique exemplaire de l'édition originale).

Louis XV avait l'encyclopédie dans sa bibliothèque personnelle. Il n'a pas pour les écrivains l'estime sincère et véritable que louis XIV savait si bien leur manifester. Il les trouve encombrants, indiscrets. Sans doute fait-il pour eux ce qu'il doit faire. Même après que Voltaire s'est mis au service du prussien Frédéric II, il lui conserve son titre de "gentilhomme de la chambre", et sa pension.

L'hôte de Cirey,plus tard châtelain de Ferney, assassine les intendants et ministres de demandes de toutes sortes, dégrèvements d'impôts, franchise postale, privilèges de juridiction et d'importation. Il obtient tout.

Mais Louis ne veut pas souper avec lui. Il est vrai que les écrivains du XVIIIème siècle ressemblent peu à ceux du XVIIème. Il est vrai aussi qu'ils sont une puissance. Louis laisse Mme de Pompadour échanger des chatteries et des flatteries avec Voltaire,mais son goût le porte vers les hommes graves, les économistes,les administrateurs, les ingénieurs, les savants.

Après la mort de Louis XV une oraison funèbre fut prononcée par l'évêque de Langres,Monseigneur de la Luzerne, qui était alors l'un des quatre évêques chargés du sacre du roi. Il rappela qu'il avait établi une monnaie saine et stable, "multiplié l'opulence nationale", créé des routes qui font que le royaume est parcouru "plus promptement qu'une province n'est traversée", soutenu les recherches scientifiques, empêché les invasions, il conclut:"Le règne de Louis XV est celui où il a été le plus heureux d'être français".

Nous avons recueilli sur la vie à Cirey le témoignage de quelques grands seigneurs et grandes dames, Villefort, Graffigny. Il resterait à savoir comment Voltaire et la marquise étaient perçus par le peuple.

On dit qu'il n'y avait pas de grand seigneur ou de grande dame pour son valet de chambre.

Nous avons justement les mémoires très curieux d'un serviteur de château,"Voltaire et madame du Châtelet, révélations d'un serviteur attaché à leurs personnes,manuscrit et pièces inédites", publiés par d'Albanes Havard, Paris, E.Dente, éditeur, 1863, dons nous retiendrons une anecdote...

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