Quelques grandes figures en Haute-Marne (XXI) Comment vivait-on à Cirey ?
Par Hubert Saget, mercredi 23 août 2006 à 22:43 - Un peu d'histoire - #368 - rss
Nous sommes en mesure de répondre, grâce aux lettres que madame de Graffigny adressait à ses correspondants lorrains.
Que trouve-t-on à Cirey ? Voltaire et Emilie n'y sont pas seuls. Il y a d'abord les enfants du Chatelet, Florent et Pauline, leur précepteur Linant, un père minime, chimiste de surcroît, qui fait fonction d'aumônier.
Arrêtons-nous un peu sur celui-ci: Il ne s'agit de rien de moins que du célèbre père François de Paule Jacquier: Il était né le 7 juin 1711 à Vitry le François. Passionné par les sciences, il n'était pas moins intéressé par la connaissance du grec et de l'hébreu. Il est ordonné prêtre en 1734 avec dispense, à Saint Jean de Latran.
Sa valeur se répand bientôt hors du cloître. Professeur au collège de « La Trinité des Monts », il fait bientôt partie des premières académies d'Europe.
A 28 ans, en 1739-1742, il publie les « Principes de la philosophie naturelle d'Isaac Newton avec la science commune », chez Barilot, qui lui valent des flatteurs applaudissements. Jean-Pierre Montucla, par exemple, dans son histoire des mathématiques, observe que l’œuvre de Newton était écrite de façon trop concise et peu accessible à des débutants : Les deux Minimes l’enrichirent de corrections, de problèmes et de théorèmes.Â
En définitive, le père Jacquier revient en France pour des raisons de santé, et se retrouve supérieur du couvent des Minimes de Doulevant le Château. C'est là que Voltaire, qui n'ignorait rien de tout cela, viendra le « débaucher » pour occuper le poste d'aumônier, ou de chapelain du château de Cirey, et pour servir d'aide et de guide à la marquise et à lui-même dans la traduction des « Principes » de Newton. C'est ainsi que Voltaire lui écrit, dans une lettre datée seulement du mardi 3 février sans mention de l'année "Elle (la marquise) est présentement appliquée à la traduction française de Newton, elle a complètement sacrifié les sornettes métaphysiques de Leibniz à la vérité géométrique. Elle suit vos traces."
C'est donc à ce vitryat, qui fut supérieur du couvent de Doulevant le Château, que nous devons d'avoir orienté Emilie vers sa monumentale traduction de Newton.

















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