Voltaire s'était montré plus précis et plus exigeant dans la conduite des expériences, au point de mériter les éloges de Maupertuis.

Dans la Psychanalyse du Feu, Gaston Bachelard fait mention du travail de la marquise. Il observe qu'à propos des étincelles tirées du silex par la percussion, la marquise reste à l'aveu du miracle: "C'est sans doute un des plus grands miracles de la nature, que le feu puisse être produit en un moment par la percussion des corps les plus froids en apparence." Mais dans la formation de l'esprit scientifique, il lui reconnaît le mérite d'une approximation de l'expérience réalisée par Joule un siècle plus tard, qui permettra de définir l'équivalent mécanique de la calorie: "Si le mouvement produisait le feu, l'eau froide, secouée avec force, s'échaufferait, mais c'est ce qui n'arrive point d'une manière sensible; et si elle s'échauffe, c'est fort difficilement." Et Bachelard ajoute: "Le phénomène que la main ne distingue pas, eût été signalé par un thermomètre ordinaire. La détermination de l'équivalent mécanique de la chaleur ne sera que l'éude de cet échauffement difficile."

La marquise est passée à côté, faute d'avoir déterminé la sensibilité de ses appareils, note Bachelard.

Mais l'idée d'une équivalence des énergies était sous-jacente, avec son corollaire, le principe de Carnot, cette "plus métaphysique des lois de la physique", selon Bergson. Et ceci avec cent ans d'avance. Elle affirme par ailleurs que les différentes couleurs du spectre ne transportent pas la même quantité de chaleur, ce qui fut depuis lors amplement vérifié.

Les résultats du concours furent publiés le 16 avril 1738, les prix étant répartis entre léonhard Euler, savant reconnu, et deux auteurs de second rang. Seules ces oeuvres devaient être publiées. Voltaire fit intervenir Maupertuis, et il obtint que son mémoire, ainsi que celui d'Emilie le fussent également.

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