Les Lettres philosophiques qui lui avaient valu son exil à Cirey, donnaient des "Principes" l'exposé le plus précis quant à la philosophie qui les anime. Les "Eléments de la philosophie de Newton" étaient en préparation.

La marquise, de son côté, avait été initiée par Maupertuis, et par son élève, Clairaut, au système et à la doctrine du physicien anglais. Mais elle se réclamait encore plus volontier de Leibniz.

Pour qu'elle se détachât compètement des "sornettes leibniziennes" — expression de Voltaire — l'influence d'un autre penseur serait nécessaire : ce fut l'œuvre de François Jacquier qui à l'époque résidait précisément à Doulevant le Château, où il était supérieur du couvent des "Minimes", dont le bâtiment existe encore et abrite le Trésor Public.

Né à Vitry-le-François, Jacquier avait été le premier éditeur de Newton en France. Edition latine, certes, mais accompagnée des commentaires très éclairants, qui rendaient beaucoup plus abordable la pensée du philosophe anglais. Malebranche, le disciple de Descartes, disait que Newton avait élevé une haute tour et qu'il avait retiré l'échelle permettant d'en atteindre le sommet. Jacquier avait reconstitué l'échelle.

Voltaire n'ignorait pas la présence, si proche de Cirey, du très savant religieux. Il lui offrit de devenir chapelain de sa résidence, ce qui fut accepté. De sorte que les visiteurs nous le décrivent, travaillant en tiers à la traduction des "Principes."

Gilbert Maheut, l'auteur d'une très intéressante et très dense notice biographique sur François Jacquier, ira jusqu'à dire que c'est sans doute à son influence que nous devons d'avoir eu la monumentale traduction : on ne peut que lui donner raison.

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