A dix ans, son père le fait admettre au collège Louis-le-Grand, chez les Jésuites, où il devait nouer de solides amitiés. Mieux qu'une formation solide, il apprend d'eux cette forme de l'intelligence et de l'art qu'on appelle le goût.

Il aimait et admirait ses maîtres, à qui il avait voué reconnaissance et affection. Il disait du père Porée :"Jamais homme ne rendit les études et la vertu plus aimables." Son père n'a jamais eu droit à pareil témoignage de gratitude : ses vrais pères sont ceux qui ont cultivé sont esprit.

Son talent poétique est très tôt reconnu. A treize ans, l'un de ses poèmes est lu à la Cour. La célébrité lui vient très vite, encore que le ton frondeur de ses écrits lui vaille plusieurs fois d'être embastillé. Puis c'est l'affaire du chevalier de Rohan qui le fait bastonner par ses gens, le séjour de trois ans en Angleterre où il assiste aux funérailles de Newton, la publication, enfin, des célèbres et brillantes Lettres philosophiques

En 1733, Voltaire est célèbre : Zaïre vient d'obtenir un succès triomphal. On peut dater à peu près sûrement la rencontre qui eut lieu à l'Opéra, dans la loge de la duchesse de Saint-Pierre, amie de la marquise, où Voltaire avait été amené par un ami commun. Entre eux, ce fut tout de suite le coup de foudre, intellectuel surtout, fondé sur leur commune admiration pour le système de Newton.

Voltaire avait déjà en préparation les Eléments de la philosophie de Newton qu'il devait faire paraître au cours de son séjour à Cirey. Quand à la marquise, elle avait été initiée à la doctrine de Newton par Maupertuis, le premier savant en France à avoir compris le sens et la portée des fameux Philosophia naturalia principia mathematica (Principes mathématiques de philosophie naturelle).

Le premier savant "civil" devrions-nous dire, car il y en avait un autre, religieux celui-là, et supérieur du couvent des frère "Minimes" de Doulevant le Château, dont bous aurons à reparler.

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