Quelques grandes figures en Haute-Marne (IX)
Par Hubert Saget, mercredi 24 mai 2006 à 20:47 - Un peu d'histoire - #215 - rss
Né à Brachay le 29 mai 1767, Philippe Lebon s’est fait connaître par son invention de l’éclairage et du chauffage au gaz.
Il possédait à Humbersin une petite maison encore identifiable par une porte de style classique, en plein cintre, et quelques terres, c’est pourquoi il se faisait appeler "Lebon d’Humbersin".
Un article paru dans le numéro 39 des Cahiers Haut-Marnais, sous la plume de Guy Beaujouan, archiviste des archives nationales, a fait justice de la légende accréditée depuis longtemps, dont la source se trouve dans Les Merveilles de la Science de Louis Figuier, ouvrage autrefois très répandu, mais peu sûr.
Le soir même, y lit-on, c’est à dire le 2 décembre 1804, après avoir assisté dans l’église Notre-Dame à la cérémonie officielle, avec le corps des ingénieurs des Ponts et Chaussées, Lebon traversait les Champs-Elysées, qui n’étaient alors qu’un cloaque désert.
Que se passa t’il dans ces ténèbres ? Qui rencontra le malheureux ingénieur ? On l’ignore. Tout ce que l’on peut dire, c’est que le lendemain, au point du jour, quelques personnes relevèrent, dans les quinconces des Champs-Elysées, le corps d’un homme percé de treize coups de couteau : C’était Philippe Lebon.
"Ce récit mélodramatique", poursuit monsierr Beaujouan, auquel rien ne manque pas même les "treize" coups de couteau, n’est en réalité qu’une mauvaise paraphrase du récit autrement prudent et modéré, publié en 1856 par le propre neveu de Lebon, le bâtonnier Joseph Gaudry.
"Il n’était pas donné, écrit-il, à cet homme de bien, à ce savant distingué, de recueillir le fruit de ses travaux…" C’est en effet une mort subite qui vint l’enlever à la science, à sa famille et à ses amis, le 2 décembre 1804, le jour même du couronnement de l’Empereur.
Son invention n’en fut pas moins extrêmement féconde, comme l’ont établi des chercheurs de l’université d’Orsay, venus tenir un colloque en 2003, organisé par Mr le Maire de Brachay.
Dans la droite ligne de sa découverte, se situe l’invention de certains colorants, qui ont eux-même donné lieu à celle des sulfamides, dont il est superflu de souligner l’intérêt pharmacologique et médical.

















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