André Devaux (1894-1981) fut d'abord un sportif de grand renom. Ppremier haut-marnais à participer aux Jeux Olympiques, champion de France du 400 mètres, mais aussi critique d'art, passionné de peinture il a collaboré à plusieurs revues : "Méditerranée", "Revue Franco-Nippone", et "L'Esprit Français". En 1954 il reçoit le prix Edouard Herriot, qu'on a appelé le "Goncourt des fonctionnaires", pour La gerbe et le fagot , un roman dont le thème est emprunté à la vie haut-marnaise, partagée entre les champs et les bois et dont le profit (26 millions d'anciens francs) fut offert aux orphelins des P.T.T. de Cachan. Cela qui faisait dire de lui qu'il avait à la fois la tête, les jambes et le coeur.

Ses dons multiples et sa célébrité nationale n'empêchaient pas André Devaux de demeurer toujours ouvert et accessible à tous, de sorte que ses compatriotes de Blumeray, qui en avaient gardé un souvenir émerveillé, lui ont dédié la salle des fêtes communale.

Qu'il me soit permis de citer une anecdote qui révèle l'étendue de son talent: Je venais de lui faire visiter le château de Cirey et le petit théâtre de Voltaire, chose encore assez rare à l'époque. En guise de remerciement il écrivit sur une page de son carnet ce petit poème qu'il m'a dédicacé :

Du château de Cirey, je contemple la Blaise,
Qui va chantant sa cantilène au fil des jours
Il y a deux cent ans ,Voltaire en ce séjour
Donnait un ton plus pur à la langue française
Je n'aurai jamais de souci, et serais toujours à mon aise
Heureux comme un roitelet si je vivais à Cirey sur Blaise

C'est sans prétention, mais c'est une jolie performance de l'avoir composé dans un si bref laps de temps.

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