D'un côté une opposition, qui se déclare ouvertement comme telle, forte de six conseillers, confortés à leurs yeux par la dernière décision du tribunal administratif de Châlons en Champagne. Six conseillers qui n'ont eu qu'un seul discours, asséné tel un marteau pilon : DEMISSION !

En face, le maire, bien seul, entouré d'une non-majorité pour le moins silencieuse. Un maire qui n'avait de cesse de dire qu'il ne démissionnera pas et qui brandissait encore la menace de la dissolution de l'assemblée communale.

Le match était bien nul car tout ceci s'est déroulé sous un fond de désordre total, d'invectives et de mots doux et d'attaques personnelles dont le Doulevantais n'a que faire !

Quand on pense que pendant plus d'une heure, on s'est affronté sur le fait de savoir si on allait organiser un vote pour approuver ou non le compte-rendu d'une séance précédente, pour voir le registre des délibérations faire au moins deux fois le tour de l'assemblée, pour, finalement, aboutir à... rien du tout;

Quand on voit que l'on s'est presque battu sur la question de la vente d'une parcelle de terrain qui n'était, paraît-il, qu'une simple formalité;

Quand on voit cela, on ne peut que penser à une mascarade Kafkaïenne ! Une mascarade bien triste pour les affaires de la commune et des Doulevantais qui, eux, prennent tout cela en pleine figure !

Quand on vote sans savoir pourquoi

Quand on réalise que le conseil municipal a voté, avec bien du mal, une délibération concernant l'initiative du président de la communauté de communes, sans savoir, en fait, ce qu'il votait, on peut rester perplexe !

En effet, d'une part, on ne sait toujours pas s'il s'agit d'un transfert de compétences au bénéfice de la communauté de communes et, peut-être, au détriment de Doulevant, ou bien s'il s'agit seulement de permettre à la communauté de commune d'acquérir de nouvelles compétences, sans toucher à celles de Doulevant.

S'il s'agit d'un transfert de compétences, alors, comme cela a été dit par l'opposition, il convient d'en savoir plus avant de se positionner et c'est plus important que la maison médicale et de service public liée, semble-t-il, à ce projet. S'il s'agit seulement d'une acquisition de nouvelles compétences, alors c'est le projet qui est à étudier en premier lieu car il semble poser problème.

Reste à savoir ce que dit la Loi en matière de compétences des collectivités locales et en matière de transfert ou acquisition de celles-ci. Mais il semble que personne, parmi nos élus locaux, ne se soit penché sur les textes.

Que veut faire la communauté de commune de ces compétences ? Nul ne le sait réellement. Au conseil municipal, on ne semble pas vouloir le savoir, probablement trop préoccupé à faire ainsi trébucher, le maire ou le leader de l'opposition.

Les granges bradées pour 1 euro ?

Mais, le conseil a voté ! Le conseil a voté alors que la question de la vente du bâtiment dit "les granges", sur la place Burgeat, pour un seul euro, au bénéfice de la communauté de communes, a été balayée en 30 secondes par le maire et que personne, en face, n'a réellement insisté sur cette question.

Les granges à Doulevant cédées pour 1 euro ?
Photo : M. Tanner

Mais, on a voté quoi au conseil ? Si l'on en croit l'ordre du jour, on a voté pour doter la communauté de communes de "compétences médicales" !

Si l'on s'en tient à l'écrit, la seule chose tangible en ces temps troublés en bord de Blaise, est-ce à croire que l'on va doter un représentant de la communauté de communes des compétences d'un médecin ? Certes, le problème d'un docteur en médecine s'est posé dernièrement à Doulevant mais là, le remède serait peu orthodoxe !

Cela peut sembler "tiré par les cheveux" mais il faut bien reconnaître que, quand l'on vote un texte, chaque mot compte. Mais là aussi, personne, ni le maire, ni l'opposition, ni les autres conseillers, ne s'est offusqué de ce manque de clarté.

Or, selon son dernier compte-rendu, la communauté de communes avait donné mandat à son président de "contacter la Mairie de Doulevant le Château pour connaître sa position concernant ce projet et également la rétrocession pour l'euro symbolique du bâtiment et des terrains nécessaires à la réalisation de cette opération".

Alors ? Le maire a-t-il été contacté depuis la dernière réunion du conseil communautaire ? Si oui, en quels termes ? On ne sait pas et personne ce mardi soir n'a jugé utile de poser la question. On a préféré s'invectiver, s'agresser verbalement, non pas sur le fond de la question (dont, personnellement, j'ignore encore aujourd'hui la réelle teneur) : on s'est surtout intéressé aux circonstances qui ont amené le président de la communauté de communes à être présent à la triste séance de janvier, annulée du fait de l'absence de l'opposition. La belle affaire !

Mais on a voté ! Il ne faudra pas s'étonner si cette "délibération" est annulée par la suite...

Sortir de la crise : la parole aux électeurs

Alors ? Démission du maire ? Démission de tout le conseil ? La question n'est pas là en fait. La question est, pour tous les élus municipaux, de reconnaître, enfin, que la commune est paralysée, que le conseil municipal ne fonctionne plus et qu'il faut bien sortir de la crise.

Or comment sortir de la crise quand chacun reste sur ses positions ? Doit-on attendre, un jour prochain la déclaration de Jacques Chirac, en s'inspirant de la crise nationale pour sortir de cette crise locale ?

Il ne reste probablement que deux solutions : soit une gestion extérieure des affaires de la commune, peut-être une mise sous tutelle, et cela semble bien triste, soit donner à nouveau (et enfin !) la parole aux habitants de Doulevant, aux électeurs, qui trancheront en élisant un nouveau conseil. Pour cela, à défaut de la démission de l'ensemble de l'assemblée municipale, il reste la solution de la dissolution.

Les seuls qui n'ont pas la parole actuellement sont ceux qui sont intéressés au premier chef : les habitants de Doulevant.

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