Jan a acquis sa formation d'accordeur de pianos à Ales dans le Gard et son épouse Margaret, diplômée de l'ITEMM (Institut technologique Européen des Métiers de la Musique) du Mans (Sarthe), a suivi durant une année une formation en marqueterie auprès des Compagnons du Devoir de Limoges.

Actuellement l'atelier forme deux apprentis: Jean-Pierre, 22 ans, le fils de la maison, qui continue ses études après un CAP et un BMA (Brevet et Métiers d' Art) et Arnaud Joussot, 23 ans, natif du Creusot, qui a suivi les cours du conservatoire de Nancy complétés par quelques années d'études en musicologie à la Sorbonne. La formation dure en moyenne quatre ans.

Sur l'ensemble de la France on ne compte guère qu'une petite quinzaine d'artisans spécialistes aptes à restaurer complètement, et dans les régles de l'art, un piano qui arrive très souvent à l'atelier en piteux état, voire en ruines...

Un piano à queue compte environ 11 000 pièces et, parce que l'élément de remplacement est introuvable sur le marché, il faut souvent les fabriquer entièrement à la main. On mesure alors toute la difficulté de ce métier.

Restaurateurs de pianos à Cirey sur Blaise (Haute-Marne)

Pour réussir dans cette profession rare, outre la patience, il ne faut pas être avare de son temps. En effet un grand piano à queue nécessite 4 à 500 heures d'un travail minutieux avant de retourner comme neuf chez son propriétaire.

L'opération qui consiste à accorder l'instrument est aussi difficile, sinon plus, que la remise en état proprement dite.

La dernière étape est surtout la tâche de Margaret qui ausculte soigneusement toute la partie "bois" du piano qui a subi durant de nombreuses années, ou un siècle, l'érosion du temps. Cela consiste à préparer, nettoyer, décaper, poncer, combler les trous dans le bois et, enfin, vernir l'instrument au tampon, selon une méthode ancestrale.

Pour le nettoyer et le poncer il faut en faire cinq fois le tour. Compter encore trois tours supplémentaires pour combler les trous du bois avec un mélange à base de pierre ponce et passer 7 à 8 fois un vernis spécial au tampon, avant de procéder au glacage ultime qui donnera le lustre et le fini à l'instrument.

Ensuite il restera encore la partie "livraison", qui n'est pas une mince affaire : un piano à queue pèse entre 350 et 750 kilos.

Les clients proviennent de toute l'Europe, et c'est souvent le bouche à oreille qui constitue la publicité la plus efficace.

La monotonie n'est pas de mise dans ce métier puisque chaque pièce est unique et requiert une technique et des astuces différentes.

Lors de ces journées portes ouvertes, il est possible que Jan se mette au clavier pour interpréter avec une fierté légitime quelques airs sur son dernier "bébé" pour le plus grand plaisir des visiteurs.

On pourra visiter l'atelier le samedi 18, le lundi 20, le mardi 21 et le mercredi 22 mars 2006, de 14 à 18 heures. Un déplacement à ne pas manquer !

Margaret et Jan De Bruin - 2, Route Départementale - 52110 - Cirey sur Blaise

Tél : 03 25 04 99 85 - 06 78 78 18 81

jan.de.bruin@wanadoo.fr

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